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Construites en préfabriqué, plusieurs infrastructures doivent être remplacées

Lenteur dans les réformes à Aïn Defla

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Photo : S. Zoheir

De notre correspondant à Aïn Defla
Madani Azzeddine


On ne peut parler de développement sans engager des réformes dans l’ensemble des secteurs. Celle liée à la santé vise l’amélioration de la qualité des soins offerts à la population, laquelle exige une prise en charge efficace. Partout dans le monde, les services de santé lancent des opérations pour améliorer la qualité des soins, dont la réalisation de nouvelles structures et l’acquisition du matériel de diagnostic nécessaire. Dans notre pays, des initiatives similaires ont été lancées dans le but d’assurer une large couverture médicale à la population.La grande superficie du pays a, certes, influé sur l’application des réformes engagées d’autant qu’elles nécessitent des enveloppes financières importantes.Selon des médecins, cette situation ne doit pas servir d’argument pour justifier la qualité des soins offerts à la population.La wilaya de Aïn Defla, à l’instar des autres wilayas du pays, est aussi concernée par les réformes entreprises dans ce secteur. Plusieurs structures ont été réalisées dans différents endroits pour permettre la prise en charge des citoyens dans les milieux rural et urbain.
Si cela semble logique vu le programme de développement lancé, il semble que certains hôpitaux sont dans un état de délabrement avancé en raison de leur âge et de la nature des matériaux utilisés. L’hôpital du chef-lieu, réalisé en préfabriqué, a déjà dépassé sa durée de vie mais continue de servir en attendant la réalisation d’un autre prévu prochainement dans la partie nord-est de la ville.Cette même structure souffre également du manque de moyens matériels, particulièrement dans le service des urgences, et de médecins spécialisés.Le manque de praticiens dans certaines spécialités oblige les patients à se rendre dans des cabinets privés, dont le nombre ne cesse de croître.Par ailleurs, les établissements de proximité de santé publique n’arrivent plus à jouer leur rôle en dépit des nouvelles réformes engagées. L’absence de certaines spécialités et l’insuffisance d’autres n’arrangent pas la situation. Pour ce qui est  de l’architecture des nouvelles structures, il semble qu’elle n’obéit pas à certaines normes. Même le personnel éprouve des difficultés à s’adapter à cette
nouvelle typologie. L’hôpital d’El Attaf, réalisé en préfabriqué après le séisme de 1980,  doit être remplacé d’autant qu’il a également dépassé sa durée de vie. Des réaménagements y sont régulièrement opérés mais cela ne peut remédier à sa dégradation. L’unique solution consiste en la réalisation d’un nouvel hôpital.Il en de même pour de nombreux  établissements de proximité de santé publique (EPSP), réalisés en préfabriqué, dont ceux de Tachta, de Aïn Bouyahia, de Rouina, d’El Attaf. L’hôpital de Khemis Miliana, réalisé également en préfabriqué, doit lui aussi être remplacé. En somme, la réforme du secteur de la santé exige, en plus de la réalisation de nouvelles structures, la formation du personnel, laquelle est importante d’autant que certains scanners au niveau des hôpitaux ne fonctionnent plus à plein temps à cause du manque de personnel.D’ailleurs, ces scanners ne sont plus rentabilisés et peu de malades en  profitent pour l’unique raison que de nombreux spécialistes, y compris les radiologues, quittent le secteur public pour s’installer à titre privé. Est-il logique qu’un radiologue ou autre praticien pour la formation desquels l’Etat a dépensé des sommes faramineuses s’installent dans le secteur privé ? Si certains pays
ont cessé de former les  praticiens spécialistes à cause du financement de leur formation, chez nous les praticiens sont formés pour partir exercer dans d’autres pays.«L’Etat doit augmenter la durée du service obligatoire dans le secteur public pour garantir la continuité des soins spécialisés et permettre aux praticienx de rembourser d’une autre manière les frais de leur formation», dira un médecin généraliste, ajoutant que le secteur privé se développe aujourd’hui sur le dos de l’Etat, lequel éprouve d’énormes difficultés à faire fonctionner ses hôpitaux et autres structures sanitaires.Pour notre interlocuteur, ’augmentation des salaires dans ce secteur est aujourd’hui une nécessité pour que les médecins ne pensent plus à intégrer le secteur privé.

 M. A.

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