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Les travaux d’embellissement des plages créent des dangers

L’argument sécuritaire prive les plages de Tizi Ouzou des recettes saisonnières

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Photo : La Tribune

De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad


La sécurité et la sécurisation des sept plages retenues et surveillées de Tizi Ouzou sont considérées comme un aspect mineur des maux profonds rongant le secteur du tourisme en Kabylie, qui ne se développe pas et ne bénéficie jusqu’à présent d’aucune bonne politique de mise à niveau, à l’instar des autres domaines, comme l’attestent les résultats plus que décourageants et les indices de stagnation qui ne peuvent échapper au plus distrait des observateurs. Cette situation est due essentiellement au fait que le nombre de plages de Tizi Ouzou où la baignade est autorisée est très réduit comparé aux dizaines de kilomètres de côte dont la wilaya dispose et, surtout, le périmètre relativement insignifiant qu’elles occupent de fait depuis qu’elles existent sans que les autorités se préoccupent de leur aménagement en vue de leur extension. La première raison est toute simple : leur exiguïté devant l’affluence et le rush estival des baigneurs. Il y a très peu de plages «reconnues» à Tizi Ouzou qui répondent au seuil minimum des conditions de détente et de loisirs. Est-il difficile d’avoir d’autres plages «surveillées» à Tizi Ouzou et qui satisfassent aux besoins de repos des vacanciers ?
Les trois grèves successives réussies des commerçants de la ville de Tigzirt, une destination estivale confirmée pour la population kabyle, donnent une idée précise de l’étendue du désarroi et de la perte de confiance dans les représentants des autorités d’une partie des acteurs qui devraient compter parmi les plus importants de la relance du secteur du tourisme en Kabylie. Quand on apprend la teneur des principales revendications de l’association des commerçants de Tigzirt, on est en droit de se poser des questions sur les intentions non avouées des institutions interpellées et de douter fortement de la volonté d’aller de l’avant que prêchent les administrateurs lors des réunions officielles en rapport avec le développement des infrastructures de base et les zones et sites touristiques de Kabylie.
Les Tigzirtois veulent de l’eau potable qui coulerait continuement de leurs robinets durant au moins l’été, le raccordement au gaz de ville, des structures sanitaires de qualité et en nombre suffisant, des moyens de transport réguliers avec des prestations de bon niveau, le règlement définitif des problèmes nés de la gestion des déchets ménagers, un allégement fiscal qui tiendrait compte des conditions d’exercice déplorables de leur métier, la compréhension et la «souplesse» dans le traitement des estivants de la part des services de sécurité et, bien entendu, la réouverture du tronçon d’environ 20 kilomètres de la RN
24 qui relie leur ville à Dellys (wilaya de Boumerdès) et qui représente une voie de communication irremplaçable en termes d’apport économique et de fluidité des passagers et des touristes. La fermeture il y a plus de quinze ans de cette route pour des raisons de sécurité a grandement pénalisé les habitants de Tigzirt, en général, et plus particulièrement la catégorie des commerçants qui sont, ainsi, privés d’une manne financière importante. Aujourd’hui, il n’ y qu’une seule route plus ou moins intéressante, longue et sinueuse, celle qui traverse la commune de Makouda, pour rejoindre la coquette ville balnéaire de Tigzirt. De quoi décourager les plus téméraires des estivants amoureux des sites de cette cité millénaire  qui se rabattent naturellement sur la côte de Boumerdès où aucune voie n’est interdite à la circulation automobile malgré les nombreux repères de groupes terroristes qu’on démantèle souvent et la prédominance d’une certaine culture islamiste. Alors, difficile pour toute une République, de surcroît en état d’urgence, de sécuriser quelques kilomètres pour redonner confiance à la population et lui permettre de réaliser les tâches ordinaires quotidiennes ? A méditer : en 2008, la fréquentation hôtelière qui était déjà très faible (l’infrastructure est faible et souvent inadéquate) a accusé un recul de 10% par rapport à 2007.
A souligner aussi les dangers qui pèsent sur les estivants au niveau des plus importantes plages de la wilaya de Tizi Ouzou en raison des travaux d’embellissement qui ne sont pas achevés et qui se poursuivent même aux heures d’affluence record.
Cela dit, la Protection civile a mobilisé 364 surveillants saisonniers de baignade et 45 professionnels, dont 7 plongeurs, pour la, saison estivale en cours. Aussi, la direction de la santé se charge de la surveillance épidémiologique des communes et particulièrement des plages de la wilaya. Une attention spécifique sera accordée au contrôle de la qualité bactériologique du traitement de l’eau potable, à l’hygiène et la sécurité alimentaire, assure-t-on du côté de l’administration.  

L. S.

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