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Manque et vétusté des infrastructures sportives

Un handicap de taille pour le sport algérien

Par  M. Gemmill

Le sport connaît aujourd’hui une évolution remarquable au niveau mondial. Pour s’inscrire dans cette logique, les différentes fédérations sportives algériennes ont amorcé une politique de vulgarisation et de développement des sports. Mais la mise à exécution de cette politique rencontre plusieurs handicaps, dont le manque et la vétusté des infrastructures. Ici comme ailleurs, l’Algérie est présentée comme étant une grande nation du sport. Cela à cause du rayonnement des athlètes algériens à l’étranger et des résultats exceptionnels acquis par nos équipes, lors des grandes compétitions, régionales, africaines et mondiales. Cela paraît paradoxal qu’une grande nation du sport ne dispose pas d’infrastructures sportives suffisantes et adéquates pour l’organisation des compétitions internationales et la formation efficiente des athlètes. A titre d’exemple, une grande ville comme Béjaïa, un berceau du volley-ball qui a tant donné aux équipes nationales, possède une seule salle. Cette ville est considérée comme un pôle très important dans le domaine du sport surtout en volley-ball où plusieurs associations activent sur le terrain, l’OSEK, le NCB, le MBB, pour ne citer que celles-ci, mais l’infrastructure fait toujours défaut au point que l’exemple du NC Béjaïa au cours de la saison passée est très choquant. Pour cela, le premier responsable du sport au niveau de l’APC de Béjaïa, affirme qu’il envisage avec ses subordonnés de réaliser une grande salle type omnisports à Béjaïa pour permettre à nos clubs d’organiser des joutes internationales. 
L’ancienne salle Amirouche sera bâtie sur l’assiette de l’ancienne Sempac, laquelle est en face de ladite salle Amirouche. Sur ce terrain, une salle omnisports verra le jour, elle sera destinée spécialement aux sections boxe et volley-ball du MBB. Quant à la JSMB ou au MOB, le stade de l’Unité maghrébine ne répond plus aux besoins des deux clubs phares de ou la ville de Yemma Gouraya. Le problème de l’absence d’infrastructures sportives dont souffre la commune de Béjaïa trouvera peut-être une solution prochainement  avec l’aménagement de plusieurs arènes sportives ainsi que le dégagement des assiettes de terrains pour réaliser d’autres infrastructures. Un autre exemple frappant concerne la JSK, un des ténors du football africains avec ses six titres de champions d’Afrique, dont trois consécutifs, qui ne possède pas une infrastructure à la mesure de son standing. Concernant les autres wilayas, le constat est déplorable vu les infrastructures sportives insuffisantes, certaines sont archaïques, datant de l’ère coloniale. Elles présentant un état de délabrement avancé et un danger réel pour les habitués des lieux. Elles ne répondent plus aux normes internationales, c’est triste certes, mais c’est une triste réalité qui constitue un frein à l’éclosion des talents algériens, donc au développement des sports. Les fédérations sportives, les centres de formation et les établissements scolaires et universitaires vivent au quotidien cet épineux problème d’infrastructures sportives en Algérie. Les exemples ne manquent pas, d’autres sont édifiants. Comme les derbys algérois auxquels  la LNF ne trouve pas de stade approprié pour les domicilier, le temps que le stade du 5 Juillet soit opérationnel. Les stades  d’une contenance de 12 000 places pour abriter ces matches se font rares à Alger. 
 
Insuffisance et non-réglementation des infrastructures sportives
Autre exemple, l’équipe nationale algérienne, symbole de toute une nation, se voit délocalisée de son stade du 5 Juillet, fermé pour travaux depuis une année, et se trouve contrainte d’évoluer hors de ses bases, et parfois même à l’étranger où elle est devenue indésirable, particulièrement dans certaines régions de France. 
A Alger, grand pôle de développement sportif, comme à l’intérieur du pays, les infrastructures sportives se font rares et, quand elles existent, sont inutilisées. Certaines d’entre elles possèdent des «bijoux», alors qu’elles n’ont même pas  d’équipe en division inférieure. Pour les centres de formation et les établissements scolaires et universitaires où les jeunes sont censés apprendre les bases des différentes disciplines sportives, le problème des infrastructures se pose avec acuité. En Algérie, on compte plusieurs stades de football réglementaires, dont ceux du 5 Juillet, à Alger, Mustapha Tchaker à Blida, de l’Unité maghrébine à Béjaïa, du 19 Mai 1956 à Annaba, ainsi que ceux de Sidi Bel Abbès et de Constantine. Hormis le stade Mustapha Tchaker de Blida, la plupart de ces stades ne disposent ni de tribunes adéquates, ni de tribune de presse, ni de salon d’honneur. On n’y trouve ni buvette, ni cafétéria, ni de vestiaires propres pour les joueurs. Contrairement à certains pays africains tels l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Tunisie, le Maroc et bien d’autres encore, les stades algériens ne disposent pas en leur sein d’infirmerie, d’hôtel ou de restaurants. Malgré les nouvelles technologies de l’information et de la communication, certains stades ne disposent pas de tableaux lumineux électroniques. 
L’indication des numéros, du score et du temps se fait avec des pancartes en bois.  C’est valable aussi bien en football que dans les autres disciplines. Quant aux autres sports dits «mineurs», tels le handball, le volley-ball, le karaté do, la boxe, le basket-ball, le tennis, l’athlétisme, la natation, malgré le nombre croissant de salles couvertes, le constat est triste.
L’Algérie, dite grande nation du sport, dispose d’un seul palais des sports, en l’occurrence celui de la Coupole du complexe Mohamed Boudiaf. Malheureusement, ce joyau architectural est réservé généralement aux galas, aux soirées artistiques et autres concerts de musique. La sale Harcha, surexploitée, ne peut, à elle seule, répondre aux besoins des clubs d’Alger. Le Mouloudia, actuellement GSP, un des ténors africains, toutes disciplines confondues, se voit contraint d’évoluer à Bordj El Kiffan ou à Hydra. Ce grand club, qui a tant donné à l’Algérie, ne possède pas d’infrastructures dignes de son standing. Il y a par ailleurs un manque accru de complexes sportifs dans les grandes villes du pays.
 
Le président de la République vole au secours du sport 
C’et ainsi que, dans ce contexte, et dans le cadre des auditions qu’il a dirigées durant le mois de Ramadhan avec les différents départements ministériels, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a présidé une réunion restreinte d’évaluation consacrée au secteur de la jeunesse et des sports, avec une attention particulière au segment sportif. C’est ainsi que les ressources financières consacrées par l’État aux infrastructures sportives, sont passées de 50 milliards de dinars, durant la période 2000-2004, à près de 200 milliards de dinars, durant la période 2005-2009. Ces efforts ont permis de multiplier par quatre le nombre d’infrastructures sportives qui sont passées de 1 520 infrastructures en 1999 à plus de 6 000 en 2007. L’évaluation a ensuite porté, successivement, sur l’état de lieux, le sport d’élite et de haut niveau, le sport de compétition et le football, ainsi  que les voies et moyens de résorber la crise actuelle qui affecte ces segments du sport national. A cet égard, l’action de dynamisation consiste en une intervention conjointe et solidaire des pouvoirs publics, et de tous les secteurs et acteurs concernés, afin d’offrir un meilleur environnement au développement du sport d’élite et de haut niveau. Car, malgré les efforts, énormes, consentis depuis 2000 pour résorber le retard induit, notamment, par la crise nationale, l’environnement actuel du sport d’élite et de haut niveau se caractérise, toujours, par des contraintes qui doivent être levées à court et moyen terme. Ces contraintes concernent les différents supports de l’activité sportive, notamment les infrastructures, le sport en milieu scolaire, universitaire et  d’enseignement et formation professionnels, le niveau de la pratique et son inégale répartition territoriale, le système de financement, ainsi que la gestion des affaires de sport. C’est dans ce contexte, et en application des orientations du président de la République, qu’un plan d’action est mis en œuvre, afin de traiter les problématiques  qui ressortent du diagnostic stratégique du sport, en général, et du sport d’élite et de haut niveau, en particulier. Ce plan d’action, qui repose sur des objectifs à court et moyen terme, adossés à des lignes directrices, requiert un renforcement en moyens matériels et financiers afin de commencer, dès à présent, à préparer les futures échéances sportives internationales et nationales. Le chef de l’Etat a souligné que «l’action de l’Etat, à elle seule, serait de peu d’effet si un effort de rénovation des modes de gestion des affaires du sport n’était pas entrepris à travers la rigueur, la transparence, un meilleur contrôle de l’usage qui est fait de l’argent public et privé». En conclusion, le président de la République a ordonné au gouvernement de «veiller à concrétiser ces directives avant la fin de la présente saison sportive».
Il faut que les concernés s’activent à établir un programme hardi de réhabilitation, de construction, de maintenance et d’entretien des infrastructures sportives excitantes sur toute l’étendue du territoire. Ce programme doit prendre en compte non seulement tous les sports, mais aussi les handicapés physiques et mentaux, principales sources de satisfaction. Car le développement du sport algérien passe nécessairement par une pluralité et une modernisation des infrastructures sportives.
M. G.
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