Des salaires payables à l’avance, un joueur qui signe avec deux clubs…
Un esprit «amateur» omniprésent
Par Abdelghani Aïchoun
La période des transferts du championnat professionnel de football des Ligues 1 et 2 a débuté le 3 juin dernier. Les présidents de clubs ont environ deux mois et demi (la période des transferts prendra fin le 16 août prochain) pour renforcer leurs effectifs en prévision de la prochaine saison. On en est déjà à quelques «opérations» qui défrayent la chronique, avec des salaires de 300 millions par mois, et même plus dans certains cas. Certains joueurs, à l’image de Hachoud, pour ne citer que celui-là, sont annoncés quasi-quotidiennement dans un club différent. Les enchères montent. Il y a aussi l’affaire Nessakh, du nom de l’ancien joueur de la JS Kabylie, qui a signé des contrats en faveur de deux clubs à la fois, en l’occurrence l’ASO Chlef et de l’USM Alger. Même si les instances concernées ne se sont pas encore prononcées, il y a lieu de rappeler que dans pareil cas de figure, selon l’article 93 du code disciplinaire, est d’un an de suspension ferme pour le joueur et le rejet des deux dossiers de demandes de licences. Pour tenter de mettre un peu d’ordre dans cet univers, la Fédération algérienne de football (FAF), à travers son bureau fédéral, a réagit, le 11 juin dernier, lors d’une réunion, en instaurant une durée minimale pour les contrats des joueurs professionnels. Ainsi, à partir de l’actuelle saison, ils ne pourront plus s’engager dans des clubs avec des contrats de moins de deux ans. L’objectif est d’assurer aux clubs une certaine stabilité qui nuit au rendement du groupe. Sur un autre plan, la FAF a réaffirmée que désormais «les clubs professionnels sont tenus de payer les salaires des joueurs professionnels mensuellement et de fournir les justificatifs, conformément au cahier des charges, à la LFP». «Le payement de plus d’un salaire tel que fixé dans le contrat par mois est strictement interdit. Le club qui ne respectera pas cette importante disposition sera sanctionné conformément au cahier des charges et au règlement du football professionnel», ajoute-t-on de même source. Si l’on croit ce qui est annoncé dans les médias sportifs
ces derniers temps, il est clair que joueurs et clubs ne respectent pas, pour l’instant, ces recommandations.
La réaction de la FAF a-t-elle pour autant freiner ces pratiques ?
Certains parlent toujours de plusieurs mensualités payées à l’avance. D’autres, d’appartement ou voiture offerts en guise de prime de signature. En d’autres termes, à la veille de sa troisième saison de professionnalisation, le football algérien évolue toujours dans une totale opacité en ce qui est du chapitre «finance». L’installation de la Dncg (Direction nationale du contrôle de gestion) ou plus récemment de la Cccp (Commission de contrôle des clubs professionnels) ne semblent pas, jusque là, de «dissuader» les uns et les autres de laisser de côté leurs pratiques «amatrices» en termes de gestion. Globalement, il n’y a pas eu de grands changements dans le championnat national. L’esprit «amateur» est omniprésent et ses «partisans» font énormément de résistance…
A. A.
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