Alors qu’on est en plein Mercato estival
Transfert ou transfusion ?
Par Mohamed Touileb
En ce moment tout le monde est à la recherche de la bonne pioche. Certains ont les moyens pour se faire plaisir et faire signer le joueurs qu’ils veulent, à l’instar de l’USM Alger dont le président Ali Haddad a décidé de mettre la barre très haut en justifiant : «le professionnalisme c’est de recruter les meilleurs.» Peu importe le prix pour le chairman du club algérois qui avait déjà fait parler de lui la saison passée en s’attachant les services de joueurs comme Hamia Boualem, Yacine Boumechra, Kader Laïfaoui et autres. Avec un effectif pléthorique, le club de la capitale n’a pas réalisé des résultats à la hauteur des attentes et des transfuges dont on attendait beaucoup mais qui, pour certains noms ronflants, n’ont pas justifié les salaires mirobolants qu’ils percevaient. Toutefois, le président usmiste ne veut pas changer de méthode et persiste en faisant signer jusque là onze joueurs à l’instar de Seguer, El Orfi, Koudri et autres. Au même moment, cinq joueurs ont quitté le club. Deux sous forme de prêt (Benaldjiya et Meklouche) et trois ont été libérés (N’gaal, Ouznadji et Hamiti). On fait dans le «disproportionné» flagrant prouvant que l’ «opération recrues» se fait sur des coups de tête. Donc plus pour se faire plaisir que faire utile. Surtout que l’arrivée des onze néo-usmistes s’est faite avant l’arrivée de l’Argentin Miguel Gamondi qui sera désormais le premier homme de la barre technique des Rouge et Noir. Habituellement, c’est l’entraîneur qui décide de la liste des «arrivants et des partants» comme ça se fait dans les clubs européens ou même chez les voisins d’à-côté. Avoir de l’argent c’est bien, savoir le dépenser c’est encore mieux dit-on. Les moyens budgétaires ne manquent pas à l’Usma mais l’ambition, la vraie, celle de construire un projet à long terme n’est toujours pas ressentie. Les inconditionnels de l’Usma se réjouissent d’avoir une «dream team» concoctée à coups de milliards mais qui malheureusement n’a pas fait mieux que de finir sur la 3e marche du podium lors de l’exercice précédent. Presque une contre-performance pour une équipe qui avait laissé entendre qu’elle jouait pour le doublé (coupe et championnat). Un objectif que la bande à Meziane Ighil ne réalisera pas, elle qui avait connu avant son arrivée déjà deux changements à la tête de la barre technique puisque Hervé Renard, Ollé Nicole qui se sont succédé aux commandes du team algérois. Malgré les choix divers et un banc de touche des plus riches, les résultats n’étaient relativement pas là prouvant, une fois de plus, que tout s’achète sauf la stabilité et les titres. L’instabilité qui a régné dans beaucoup de clubs de l’élite comme à la JS Kabylie qui a frôlé la relégation ou le MC Alger qui n’a pu se tirer d’affaire que lors des derniers rounds. A Tizi Ouzou, l’équipe du Djurdjura a connu pas mal de problèmes au sein de sa direction ce qui a été à l’origine de déconvenues sans précédentes dans l’histoire du club le plus titré d’Algérie. Certains supporters des Canaris réclamaient ni plus ni moins la tête de Mohand Chrif Hannachi, le premier homme du club. C’est le même sort qu’a connu Omar Ghrib le président du Mouloudia d’Alger.
Quand «grands noms» riment avec «sursis»
Retour en arrière. Au mercato hivernal plus exactement. Rien ne va au sein du doyen des clubs algériens. Pour calmer la colère des fidèles du MCA, le coordinateur du doyen, Omar Ghrib, joue la carte des «recrutements judicieux» et s’attache, par exemple, les services d’Amir Sayoud sous forme de prêt du club d’El Ahly (Egypte), pour ne citer que ce joueur qui devient en quelques jours (sans jouer) le chouchou du public mouloudéen qui s’est rendu compte après que c’était un flop total. Dans les travées du stade Omar-Hamadi de
Bologhine, on scande le nom d’Omar Ghrib (???) rien qu’en convaincant le joueur de porter le maillot Vert et Rouge. Le plus détesté de tous met alors et momentanément tout le monde ou presque dans les poches et restera aux commandes des affaires à la villa de Chéraga jusqu’à la fin de la saison. Avant que le problème n’aboutisse dans la rue de Bab El Oued sous la forme d’une campagne anti-Ghrib lancée depuis la fin de la saison 2011/2012 avec les innombrables rebondissements qu’ont vécus les supporters du MCA avec ce film «Loungar ou Ghrib, c’est qui le toubib ?». Le vieux club algérois se retrouve endetté à cause du recrutement à tout va où le besoin a primé sur la raison, l’urgence de calmer la rue et apaiser les esprits avec des noms ronflants croyant bien faire et plongeant l’équipe dans les dettes. Conséquence : le club ne trouve pas preneur puisque l’acheteur sera dans l’obligation de régler le dû de l’équipe et payer ainsi les pots cassés des autres. La même politique ou presque que prône Hannachi qui n’a cessé de promettre de s’arracher la signature de grosses pointures, des internationaux africains figurant évidemment sur le calepin des prochaines recrues, sans compter l’idée d’un bon entraîneur étranger qui est évoquée. Et ça a l’air de bien marcher puisque le «wanted» est toujours l’homme de la situation et a l’air de bien tenir sa «chaise». En s’attachant les services de l’ex- défenseur du NAHusseinDey, Benlamri, de l’excellent attaquant Messadia du CA Batna où du très courtisé Belakhdar qui évoluait chez le voisin la JSM Béjaïa , «Si Mohand» a plus ou moins soigné sa cote auprès des amoureux des Vert et Jaune et le calme est revenu pour l’instant dans la maison-JSK. Est-ce le calme avant (encore?) la tempête ou le début d’une nouvelle page entre le boss kabyle et le public kabyle ? Le temps et les résultats techniques ne tarderont pas à nous le dire.
L’Usm El-Harrach, le bon exemple
Réputée pour être l’une des meilleures écoles de football en Algérie, le club de la banlieue Est d’Alger nous présente chaque année de nouveaux visages qui tardent pas à se révéler au grand public en Ligue 1. «Recrutement intelligent, pas de vedettes», c’est la méthode Boualem Charef. Avec des petits moyens financiers, les Jaune et Noir produisent l’un des plus beaux jeux, si ce n’est le meilleur de notre championnat. Avec des joueurs issus de divisions inférieures (régional ou inter régions pour la plupart d’entre eux), l’entraîneur Boualem Charef sait ce qu’il veut et parvient toujours à «modeler» et façonner des jeunes pour leur donner ce plus qui les mène vers les sommets. C’est ainsi que Sofiane Boumechra, Hamia Boualem (qui jouaient déjà en D1) ont été les hommes providentiels de l’effectif harrachi lors de la saison 2010/2011 avec une finale de Coupe d’Algérie à la clé qu’ils perdront malheureusement face à la JSK (1/0) et une saison marquée par l’empreinte Charef. Si cette saison son équipe est sortie d’un exercice en demi-teinte, les révélations ne manquent pas comme Mohamed Legraa, Baghdad Bounedjah et le numéro 10 Aïssaoui. Les protégés de Charef sont la proie de beaucoup de clubs et l’Usmh compte les joueurs les plus convoités par les clubs de L1. Ainsi, l’«exil» est inévitable puisque le club ne dispose pas de «liquidités» nécessaires pour garder ses poulains qui se voient pousser des ailes tout d’un coup et décident de changer d’air. Tout à fait normal pour la seule est unique raison : une carrière c’est court et il faut en tirer le maximum pour s’assurer un avenir. Durant cette période, le marché s’enflamme, des équipes se renforcent, d’autres doivent tout reconstruire. L’argent a pris le dessus et l’éthique sportive prend un sérieux coup. Djabou et Bellaïli, deux des plus grands espoirs s’en vont où ? Chez le voisin tunisien, respectivement au Club Africain et l’Espérance de Tunis. Là bas on offre beaucoup mais surtout ça joue au foot. Ça explique tout.
M. T.
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