Tizi Ouzou
La cerise, entre douceur et amertume
Photo : S. Zoheir
Par Algérie presse service
La cerise, un fruit au goût doux, très prisé par les consommateurs, se déguste, désormais, avec une certaine amertume dans la wilaya de Tizi Ouzou du fait de sa cherté et de l’état de la cerisaie locale ravagée par un insecte appelé le capnoïde.Le fruit fait son entrée sur le marché entre fin mai et début juin avec des prix excessivement chers puisqu’il est affiché entre 800 et 1 500 DA le kilogramme. Il s’agit de récoltes provenant des autres wilayas, telles que Médéa, Chlef et Aïn Defla, indiquent notamment descommerçants pour expliquer cette cherté.La production locale est arrivée sur les étals des vendeurs des fruits et légumes des communes de Tizi Ouzou, Larbaâ Nath Irathen, Irdjen, Aïn El Hammam, depuis la semaine écoulée, ce qui a entraîné une baisse des prix de la cerise qui varient en fonction de la qualité du fruit, de sa fraîcheur et de l’endroit où il est vendu, a-t-on constaté. Les magasins le proposent entre 450 et 600 DA le kg, alors que son prix varie entre 300 et 500 DA le kg au niveau du marché de la ville de Tizi Ouzou.Dans la localité de Larbaâ Nath Irathen, lieu d’implantation de la cerisaie la plus importante de la wilaya, la cerise est vendue entre 400 et 600 le kg, durant la fête de ce fruit «roi» de la région qui s’est déroulée du 7 au 10 du mois de juin.À la sortie est de la ville de Tizi Ouzou, au niveau de Oued Aïssi, des corbeilles de cerises bordent la RN 12. Les vendeurs qui proposent leur marchandise aux automobilistes, notamment les vacanciers qui se rendent dans les villes côtières de la wilaya, pratiquent des prix qui varient également entre 400 et 600 DA le kg, a-t-on constaté. Avec la maturation du fruit et l’accélération de la récolte, les prix de vente de la cerise pourraient baisser, indique un agriculteur de la commune de Larbaâ Nath Irathen qui rappelle que «lorsque la saison est bonne, les prix peuvent descendre jusqu’à 200, voire 150 DA».Les habitants de la wilaya de Tizi Ouzou ont du mal à renoncer à ce fruit charnu qui, jusqu’aux années 1980, était produit en grande quantité dans la région. Pour profiter de son goût unique, la cerise est appréciée telle quelle. D’ailleurs elle n’est pas présente dans les recettes de cuisine locale.«Le fruit est tellement cher que lorsque nous avons la possibilité d’en acheter nous le dégustons frais sans aucune préparation», indique une dame. Une autre femme informe qu’elle en achète en petites quantités qu’elle intègre dans des salades de fruits.Une vieille dame se souvient que dans le passé, sa mère ne jetait pas les noyaux des cerises. «Elle les concassait et les mettait dans les jarres en terre cuite qu’on utilisait jadis pour garder l’eau de fontaine. Cela donne un goût particulier et légèrement parfumé à l’eau», explique-t-elle. Aujourd’hui la cerisaie de la wilaya de Tizi Ouzou a été ravagée par le capnoïde, un parasite qui détruit l’arbre de l’intérieur en creusant des galeries dans son tronc. «Ce qui finit par assécher le tronc et tuer le cerisier», indique un spécialiste.La relance de la culture du cerisier dépend de la mise en place d’un programme de lutte et de désinfection des vergers atteints, observe, de son côté, un responsable de la Conservation des forêts de la wilaya, en expliquant que cela «doit se faire de manière simultanée à travers toute la wilaya afin d’éradiquer définitivement la menace». Il déplore cependant la réticence de certains propriétaires de cerisiers qui ne veulent pas détruire les sujets atteints.
APS
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