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Dénoncés, décriés mais très en vogue

Les imperfections des cosmétiques

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Par Samir Azzoug

La beauté a de tout temps été un facteur de séduction. Si les critères de la beauté physique changent en fonction du temps et de l’espace géographique, la mondialisation et les nouveaux modes de communication ont fini par imposer un modèle presque unique de l’idéal humain. La «bimbo» occidentale aux grands yeux, cheveux soyeux, lèvres pulpeuses, à la taille fine, aux longues jambes et formes généreuses fait rêver hommes et femmes de la planète. Ressembler à ce modèle devient une obsession. Une peau nette sans rides et sans imperfections, même pas le plus petit bouton, est une autre angoisse. Mais, comme le dit le proverbe, «le malheur des uns fait le bonheur des autres», ces anxiétés font la fortune de l’industrie cosmétique. En 2006, la consommation de ces produits a atteint 50 milliards de dollars aux Etats-Unis, 30 milliards au Japon, 18 milliards au Brésil et 14 milliards en France. C’est donc une industrie porteuse mais maintes fois mise à l’index.
Car un produit cosmétique est un mélange de produits chimiques naturels ou de synthèse dont certains ont des effets indésirables.
Plus grave encore, pour 99% des 100 000 substances chimiques commercialisées en Europe, on ne connaît pas leurs effets à long terme sur la santé et l’environnement.
Une étude menée en France en 2006 a révélé que 140 effets indésirables liés à l’utilisation de produits cosmétiques ont été recensés. Selon l’étude, 79% des effets indésirables sont des réactions allergiques, 11% des réactions d’irritation et 9% des réactions autres (convulsion, gêne respiratoire, gynécomastie, acné inflammatoire, vergetures…). 36% des effets ont été jugés non graves, 63% graves. Les produits cosmétiques les plus mis à l’index sont ceux du soin du visage, les tatouages éphémères noirs, les teintures capillaires, les produits de soin pour le corps et les produits dépilatoires.
Mais au fait, qu’est-ce qu’un produit cosmétique ? Un produit cosmétique est une substance ou une préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain en vue principalement de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou d’en corriger les odeurs. En résumé, tous les procédés qui sont destinés à embellir sont considérés comme de la cosmétologie. Que les produits cosmétiques soient sous forme de crèmes, de gels, d’émulsions ou autres, leur composition est pratiquement identique. Des excipients, des principes actifs et des additifs. Les crèmes, par exemple, sont constituées de 80% d’excipient, le produit le plus important dans toutes les compositions.
Ce dernier est un mélange d’eau et d’huile. Selon le produit cosmétique, l’huile peut être minérale (dérivé direct du pétrole) pouvant endommager le foie ou provoquer l’inflammation des vulves du cœur ; de silicone (entièrement synthétique) très peu biodégradable, donc nocive pour l’environnement ; de l’huile et de la graisse végétales, les meilleurs excipients. Le principe actif est composé généralement d’acide hyaluronique, d’argile, d’élastine, de zinc, de vitamines et de certains fruits et légumes. Les additifs sont divers et variés, ce sont généralement des conservateurs ou des colorants. Finalement, les cosmétiques ont tous la même consistance. Ce qui n’explique pas les disparités entre les prix d’un même produit sur le marché. Les grandes marques avancent l’argument de la main du préparateur. En général, un grand nom du milieu. A l’image des cuisiniers, dans l’industrie cosmétique, il y a les «cordons bleus», arguent-ils. Est-ce sérieux ?!
Des campagnes de
marketing très offensives vont jusqu’à faire des allégations santé qui peuvent s’avérer trompeuses. Anti-âge, anti-prise de poids, antirides, anti-cernes, anti-peau d’orange… anti-tout et rien.
En tous les cas, les associations de protection des consommateurs et celles de l’environnement à travers le monde n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à la dangerosité de ces produits. Car certaines molécules utilisées peuvent provoquer des irritations, des allergies et même des risques de cancer. De plus, l’interaction entre ces molécules et les cellules de la peau peut s’avérer incontrôlable et nuisible. A titre d’exemple, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont été interdites dernièrement car elles peuvent provoquer le cancer. Même chose pour les parabens, le butylhydroxytoluène (BHT) et le butylhydroxyanisole (BHA) toujours utilisés dans les crèmes ou encore le polyéthylène glycol (PEG) dont la matière première est un gaz de combat.
Pour cela, de véritables campagnes de sensibilisation en Occident ont conduit à la création de plusieurs laboratoires de recherche pour déterminer les compositions des produits cosmétiques. Sentant la menace, les entreprises cosmétiques se sont tournées vers un nouveau concept. Le cosmétique bio. La nouvelle poule aux œufs d’or. La spécificité de ces produits réside dans leur forte teneur en principes actifs (30% contre 1% pour les produits classiques) issus généralement d’extraits de plantes.
En Algérie, en l’absence d’un laboratoire de recherche efficient et d’un contrôle rigoureux, les clients de ce genre de produits risquent gros. Les cosmétiques contrefaits et de mauvaise qualité sont légion. Ce qui a poussé certains spécialistes du domaine à demander la création d’un centre de cosméto-vigilance pour mettre un terme à l’importation sauvage et à la contrebande et la contrefaçon de ces mélanges dangereux. Déjà que le produit labellisé présente un danger pour la santé du consommateur, si en plus, il est contrefait !
Par ailleurs, si ces produits cosmétiques étaient vraiment efficaces, pourquoi la chirurgie esthétique a-t-elle pris tant d’ampleur à travers le monde ? Si les cosmétiques mettaient fin aux imperfections, à quoi bon le recours aux esthéticiennes ?
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une belle peau est une peau bien nourrie. Beaucoup de vitamines, d’oligoéléments et de l’eau et le tour est joué. Dans beaucoup de cas, il suffit donc d’une bonne alimentation. C’est naturel, c’est bio, et c’est efficace et c’est surtout beaucoup moins cher. Et puis, la beauté est dans le sourire. Avis aux amatrices.

S. A.

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