Des spécialistes se concertent à Tlemcen
Pour une politique de prévention contre l’avortement à risque
Par la Rédaction de la santé
La lutte contre l’avortement à risque et la santé des femmes ont été au cœur d’une rencontre médicale organisée dernièrement à Tlemcen, par l’Association algérienne pour la planification familiale. Les participants ont insisté sur la nécessaire mise en place d’une politique de prévention et de lutte contre ce problème. Selon eux, il est indispensable de déterminer l’incidence de l’avortement à risque sur les femmes par le biais des études, tout en développant un travail multi-sectoriel. Le Dr N. Benosmane a mis en exergue l’impact psychologique sur la femme qui avorte. Il a souligné que la qualité et l’intensité des réactions de la femme à l’avortement sont en fonction d’un nombre de variables liées notamment aux conditions dans lesquelles l’avortement a été envisagé, à l’âge et la maturité de la femme, à son contexte socioculturel et, enfin, à son arrière-plan religieux ou philosophique. Selon lui, l’avortement provoque deux morts, en l’occurrence celle de l’enfant et celle de la conscience de la mère. La blessure infligée à sa conscience entraîne une sorte d’anesthésie psychologique qui se développe naturellement pour protéger la femme de la douleur et des troubles qui suivent l’avortement», a-t-il poursuivi. D’après MM. Mamoune et
Djemaaoui, spécialistes en droit et en charia, l’avortement est strictement interdit. Dans leurs communications respectives, les deux enseignants universitaires ont tour à tour mis en exergue les textes de loi et du Coran interdisant l’interruption volontaire d’une grossesse, en signalant au passage les exceptions liées à l’avortement thérapeutique quand la mère est en danger. Les docteurs Meguenni et Ouali ont de leur côté expliqué les complications des avortements à risque notamment, qui peuvent engendrer des infections locales ou générales et d’autres maladies qui sont les causes de décès de milliers de femmes de par le monde. Les conférenciers ont été unanimes à dire que ce thème reste toujours «tabou» dans la société algérienne, d’où l’absence de statistiques officielles avant de mettre l’accent sur l’aspect clandestin de l’avortement. Ainsi, sur ce dernier point, ils ont indiqué que l’avortement clandestin pose un problème de santé compliqué et complexe où le social, le religieux, le médical sont impliqués. Susciter des débats est le plus petit dénominateur commun pour espérer faire évoluer une prise de conscience dans la société et empêcher que nombre de ses membres n’aillent jusqu’à perdre la vie.
R. S.
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- Samedi 18 février 2012
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