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Le professeur Aïcha Ladjouze, chef de service rhumatologie à l’hôpital de Ben Aknoun

«Nécessité d’un diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde»

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Photo : Sahel

Par Amel Bouakba  

La priorité est aujourd’hui de traiter le plus tôt possible la polyarthrite rhumatoïde afin de mieux contrôler la douleur et l’inflammation, stopper les destructions articulaires, les déformations et prévenir le handicap qui bouleverse la vie de tant de malades polyarthritiques, dont une majorité de femmes.

Le diagnostic précoce nécessaire 
C’est ce que recommande vivement le professeur Ladjouze, éminente rhumatologue algérienne. Présente à la grande-messe des rhumatologues internationaux, le congrès de Budapest, sur le nouveau traitement révolutionnaire de la PR, en l’occurrence Actemra, (Tocilizumab), le professeur Aïcha Rezig Ladjouze, chef de service rhumatologie à l’hôpital de Ben Aknoun a insisté sur le diagnostic précoce de cette pathologie aux conséquences dévastatrices. Pour cette spécialiste, également présidente de la Ligue algérienne antirhumatismale (LAAR), «il est primordial d’intervenir dès les premiers stades de la maladie». D’autant plus, dit-elle, que «les rhumatologues disposent aujourd’hui d’armes efficaces qui peuvent faire disparaître les formes les plus graves de la PR. Cette  maladie systémique du tissu conjonctif, caractérisée par une inflammation articulaire chronique évoluant par poussées, de cause inconnue, provoquant progressivement des déformations symétriques des articulations touchées et s’accompagnant de diverses manifestations affectant irréversiblement d’autres organes que les articulations peut être contrôlée. Encore faut-il qu’elle soit  prise en charge rapidement. Une prise en charge qui associe, aux médicaments du traitement de fond, des traitements symptomatiques (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou stéroïdiens) et desBthérapeutiques locales (ponctions évacuatrices, infiltrations de corticoïdes à petites doses, synoviorthèses à l’acide osmique).» Concernant les corticoïdes, notre interlocutrice dira qu’«il faut savoir les utiliser en les administrant par petites doses». S’agissant des traitements, notamment les biothérapies, elle dira qu’ils sont disponibles en Algérie.  En quelques années, la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde a complètement évolué et l’Algérie n’est pas en reste.

De nouveaux traitements
Les dernières innovations ont été introduites. Cette spécialiste fait part du médicament Mabthera, qui représente une révolution thérapeutique et permet de bloquer la maladie. Arrivées ces  dernières années, les biothérapies comme le Mabthera et l’Actemra ont
révolutionné la prise en charge et ont permis aux patients de «revivre», de reprendre une vie normale, d’accomplir des tâches qu’ils ne pouvaient plus effectuer jusque-là. Le professeur Ladjouze traite actuellement plusieurs patients sous Mabthera, sans passer par les anti-TNF, qui ont des effets secondaires, notamment le risque de tuberculose. En plus, le Mabthera est beaucoup moins coûteux.
Actuellement, il présente un meilleur  intérêt thérapeutique par rapport aux anti-TNF, précise-t-elle. Pour ce qui est de l’Actemra, dont l’introduction sur le marché algérien est prévue d’ici à 2010, elle indique qu’il est préconisé pour les malades qui n’ont pas répondu au Mabthera, précisant qu’on ne peut pas utiliser les deux en combinaison. Cette spécialiste estime surtout qu’il faudrait privilégier un diagnostic précoce afin de pouvoir mettre en place un traitement efficace chez le patient avant la destruction des articulations. La prise en charge tardive de la maladie mène fatalement vers le handicap et le recours aux prothèses. Au service du professeur Ladjouze, 250 patients sont en attente de prothèse. Pourtant, il est possible d’éviter ce sort si on s’y prend à temps. D’autant qu’en quelques années, la prise en charge  de la PR est passée d’un soulagement de la douleur à la prévention des déformations et, aujourd’hui, à la rémission des patients. Pour les patients, les nouvelles biothérapies agissent effacement et constituent ainsi de nouvelles armes thérapeutiques pour permettre aux patients de mieux vivre avec leur maladie. Les femmes, plus touchées.
Les traitements de la PR ne cesse d’évoluer et l’Actemra est la toute dernière des biothérapies. Le congrès de Budapest a permis de prendre connaissance d’avancées thérapeutiques énormes, explique le professeur Ladjouze.  Il faut savoir que la polyarthrite rhumatoïde est l’une des cent formes de rhumatismes inflammatoires chroniques regroupées sous l’appellation «arthrite.
En Algérie, cette pathologie touche de 0,7 à 1% de la population, ce qui représente environ 300 000 Algériens atteints de polyarthrite rhumatoïde,  estime le docteur Mourad Djebbar, rhumatologue d’Oran. C’est une pathologie qui touche trois fois plus les femmes que les hommes. Bien que la polyarthrite rhumatoïde puisse apparaître à tout âge, les premiers symptômes peuvent apparaître entre 30 ans et 50 ans. La polyarthrite rhumatoïde se manifeste souvent de façon symétrique, affectant les mêmes articulations des deux côtés du corps. Ce signe la distingue de l’arthrose qui, elle, affecte habituellement les articulations d’un seul côté à la fois. La présence du facteur rhumatoïde (FR) est un élément essentiel du diagnostic de la PR. Toutefois, ils ne sont présents que dans 70 à 80% des cas et peuvent être présents dans d’autres maladies inflammatoires, infectieuses ou néoplasiques. Notons aussi  que, contrairement à l’arthrose, on peut détecter la PR dans le sang, souligne encore le professeur Ladjouze.
Dans la plupart des cas,  la polyarthrite affecte d’abord les mains, les poignets et les petites articulations des pieds. Avec le temps, les épaules, les coudes, la nuque, les mâchoires, les hanches, les genoux et les chevilles peuvent subir le même sort. L’inflammation généralisée, lorsqu’elle n’est pas contrôlée par un traitement adéquat, touche très souvent le système immunitaire, causant notamment de la fatigue et de l’anémie.

Des causes encore inconnues
Les causes de cette maladie restent mystérieuses mais on peut la stopper si on la diagnostique précocement. La polyarthrite rhumatoïde est considérée comme une maladie auto-immune, car des cellules du système immunitaire s’attaquent aux articulations, notamment en produisant des anticorps. La polyarthrite rhumatoïde doit être prise en charge par des spécialistes en rhumatologie, seuls habilités à prendre en charge les malades. L’Algérie compte environ 250 rhumatologues, mais la majorité est concentrée à Alger. 

A. B.

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