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Programme nucléaire de l’Iran

Le «deux poids, deux mesures» de l’Occident

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Par Lyès Menacer
 
Le feuilleton des pourparlers irano-occidentaux reprendra à Istanbul le 14 avril 2012, selon l’Union européenne qui fait partie du groupe des 5+1 chargé de négocier avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé. Après plusieurs jours de tergiversations, l’Iran a choisi Istanbul pour accueillir ces discussions, interrompues depuis janvier 2011. Téhéran avait proposé, la semaine dernière, Baghdad pour reprendre langue avec un occident qui ne cesse  d’accentuer sa pression sur l’ancien empire perse, l’accusant de disposer d’un programme nucléaire aux visées militaires, ce que nie évidemment Téhéran qui a réaffirmé, à chaque fois, son droit à développer une industrie nucléaire à des fins civiles. Les sanctions infligées à l’Iran, qu’elles soient diplomatiques ou économiques, n’ont fait que radicaliser Téhéran et le régime des Khamenei. En dehors du prétendu danger que représente l’Iran sur la survie d’Israël, le protégé des Etats-Unis au Proche-Orient, les grandes puissances nucléaires sont en manque d’arguments. Car l’Iran n’est pas le seul pays à développer un programme nucléaire, aussi bien de nature militaire que civile. L’Inde, le Pakistan et la Corée du nord, pour ne citer que ces pays où la situation politique et sécuritaire est des plus instables, développent une importante industrie nucléaire militaire mais ils ne sont aucunement inquiétés. Contrairement à ces pays, l’Iran est un pays politiquement stable même si le régime des Khamenei tient d’une main de fer une partie de la société iranienne qui aspire à plus de liberté. Mais pourquoi donc tant d’acharnement sur  l’Iran ? La réponse n’est pas simple mais vu le développement de la situation au Proche-Orient, l’on est tenté de dire que l’occident cherche à neutraliser Téhéran dont l’influence dans la région ne cesse de s’étendre, devant un régime saoudien qui ne survit que grâce à son pétrole et à la protection de Washington. Les capitales occidentales cherchent à neutraliser l’Iran pour laisser les coudées franches à Israël pour poursuivre ses projets de colonisation en territoires palestiniens occupés. Téhéran constitue un allié de taille pour des pays fragiles comme la Syrie et le Liban, considérés aussi par l’Etat hébreu comme une menace permanente pour sa survie. Sur le plan économique, l’Iran a réussi, ces dernières décennies, à se doter d’une industrie qui lui évite de dépendre uniquement des hydrocarbures, ce qui n’est pas le cas des pays de la Péninsule arabique pour qui le pétrole constitue la seule source de revenus. Or, cela ne plait guère à l’Arabie saoudite où le régime wahhabite voudrait se positionner comme le seul acteur dans la région, bien qu’aujourd’hui l’émergence du Qatar change énormément la donne.
 
Y aura-t-il une guerre contre l’Iran ?
Cette question se pose de plus en plus. La guerre contre l’Iran inquiète une communauté internationale qui se dit consciente des conséquences désastreuses d’une telle option si les négociations n’aboutissaient pas à une solution qui arrangerait aussi bien l’Occident que Téhéran. Au stade où en sont arrivés les pourparlers entre l’Iran et le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne), les craintes sur le déclenchement d’une guerre israélo-américaine contre l’Iran augmentent. La Russie est parmi les pays qui craignent le déclenchement d’une guerre contre Téhéran d’ici la fin de l’année 2012. «Les Américains et Netanyahu [Premier ministre israélien, ndlr] préparent l’opinion publique à l’éventualité de l’utilisation d’armes nucléaires», a déclaré vendredi le président de l’Académie des problèmes géopolitiques de Moscou, Leonid Ivachov, lors d’une table ronde à la Douma (chambre basse du parlement russe). «Il faut que les Six donnent des garanties concrètes de  sécurité à l’Iran, à Israël et aux autres Etats», a-t-il indiqué, repris par la très officielle agence moscovite Ria Novosti. Mais les intérêts en jeu sont tellement énormes dans la région que Moscou ne laissera pas Washington et Tel-Aviv recourir aux armes pour faire face à ce fantomatique danger iranien. La Russie ne se laissera pas cerner de toutes parts par les Etats-Unis qui semblent avoir déclenché une nouvelle Guerre froide contre le Kremlin. A noter aussi que la Russie a investi dans le nucléaire et  engagé un partenariat de taille avec Téhéran en ce domaine. Ce sont là autant de raisons qui expliquent l’investissement diplomatique russe dans les pourparlers irano-occidentaux pour éviter une guerre qui risque d’embraser toute la région pour des années. Donc, va-t-on vers la création d’une zone dénucléarisée au Proche-Orient ? Sûrement pas, puisqu’il faudrait d’abord s’intéresser au programme nucléaire israélien que peu de pays osent dénoncer et présenter comme un danger pour l’avenir de la région.
L. M.
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