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50 ans après l’indépendance du pays

Quel développement pour l’économie algérienne ?

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Photo : S. Zoheir
Par Salah Benreguia

Cinquante ans après l’indépendance, l’économie algérienne est loin d’être à la hauteur des ambitions et des objectifs tracés. 50 ans après 1962, elle demeure toujours otage des ressources pétrolières. Même si, dès les premières années de son indépendance, l’Algérie a accordé la priorité à la mise en place d’une base industrielle publique diversifiée, les objectifs tracés n’ont pas été, pour diverses raisons, atteints. L’industrie algérienne et  le tourisme sont restés, hélas ! les maillons faibles de notre économie. Le secteur de l’agriculture est pratiquement à l’arrêt, la coopération commerciale entre l’Algérie et les autres pays ne génère toujours pas les résultats souhaités. Le seul secteur pourvoyeur de richesses et d’entrées en devises est celui des hydrocarbures. Côté coopération, l’économie algérienne a été également une économie fermée jusqu’au début des années 90. Ayant opté pour un développement «autocentré», fondé sur le marché intérieur avec un rôle prépondérant de l’Etat, les autorités politiques avaient institué, dès les années 70, un monopole de l’Etat sur le commerce extérieur à travers lequel toutes les relations économiques et commerciales avec le reste du monde étaient étroitement et centralement contrôlées. Même si durant les dernières années, beaucoup de textes de lois ont été élaborés et des stratégies ont été bel et bien planifiées, les choses n’ont pas vraiment changé. Après les trois premières années  marquées par une grave instabilité politique (1962-1965), le nouveau pouvoir, après le coup d’Etat de 1965, avaient dressé un programme de développement économique dont les traits définitifs étaient fixés, quelques années plus tard, soit  en 1971. Ce programme qui se voulait global,  avait accordé une incontestable priorité à l’industrie et l’agriculture. Toutefois, quelques années après, toutes les politiques inspirées du «socialisme spécifique» à l’Algérienne, ont été entachées de carences qui n’ont fait que destructurer certains secteurs, notamment le tissu productif. En effet, même si les années 1970 étaient celles où la rente pétrolière boostait de manière 
exponentielle la croissance du pays, le produit intérieur brut (PIB) par habitant a augmenté de 360 dollars à 1 940 dollars, entre 1970 et 1980. La fin des années du règne de Boumediène et le début des années 80 ont vu la démobilisation des acteurs productifs (Fellahs, responsables des grandes entreprises publiques etc.). Juste après, l’économie du pays, prise dans l’engrenage de la crise du début des années 1980, voit son PIB baisser de manière drastique. Les indicateurs macro-économiques de notre pays à partir des années 90 donnaient froid au dos. L’économie algérienne s’est retrouvée, en 1991, à un PIB évalué à 1 839 dollars, pour passer ensuite à 1 550 dollars en 1998. De son côté, la dette passe de 0,9 milliard de dollars en 1970 à 19,4 milliards de dollars en 1980, puis à 26,3 milliards de dollars en 1991 et à 30,6 milliards de dollars en 1998. Dans le même sillage, l’Algérie voit le service de la dette augmenter, pour enfin ne plus pouvoir y faire face sans le recours au rééchelonnement.Côté coopération, ce n’est que vers les années 80 et au début des années 90 que les «réformateurs» du FLN ont décidé d’engager l’économie algérienne dans le système du marché mondial. Etant 
globalement fermée, notamment durant le début des années 70, excepté deux à trois pays-partenaires, notamment la France et la Russie, avec qui les relations ont été dictées par des raisons géopolitiques de l’époque, l’économie algérienne s’est réellement ouverte au commerce extérieur à partir des années 90. Après une décennie noire qui a failli mettre à genoux toute la République, l’arrivée au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika, en 1999 avec, notamment,  le succès de la politique de réconciliation nationale, a redonné l’espoir aux investisseurs, notamment étrangers. Et, d’ailleurs, les équilibres macroéconomiques montrent une avancée sans précédent. La croissance qui était de l’ordre de  3,2% en 1999 est passée à 5,1% en 2004. Le taux d’inflation, quant à lui, a été relativement maîtrisé tant que les mesures prises ont donné des résultats immédiats, renforcés par la rente pétrolière dont les dividendes se sont accrus.
S. B.
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