La filière reste soumise à de fortes fluctuations des prix
Le marché de la viande blanche en quête d’un système de régulation efficient
Photo : Riad
Par Ziad Abdelhadi
De prime abord, comme l’ont souvent souligné de nombreux experts en matière de production de viande blanche, la filière avicole est actuellement désarticulée et nécessite la mise en place de nouvelles formes d’interventions, pour stimuler la production et réduire les coûts de production. Et ce, dans le but d’assurer la régulation de la filière et la réduction des dépenses en devises. Cela est d’autant plus nécessaire, quand on sait qu’en dépit des multiples programmes de développement, d’amélioration, et surtout des subventions accordées aux éleveurs depuis quelques année et revues à la hausse depuis plus d’une année, la production avicole en Algérie est encore loin du niveau de performance escompté. Selon le docteur Nouad, qui s’est longtemps penché sur la problématique de la désarticulation de la filière, «le manque de maîtrise des techniques d’élevage est l’une des principales causes qui freinent l’essor de la production de viande blanche. La filière foisonne de bricoleurs, c’est-à-dire ceux qui n’ont aucune connaissance dans ce type d’activité et qui, malgré des taux de pertes importants, s’entêtent dans leurs erreurs», affirme-t-il. Comme on ne cesse de le répéter, du côté de l’Association nationale des producteurs de viandes blanches, «pour que le potentiel génétique de l’animal s’exprime et que les pertes soient minimisées, il faut réunir, dans les batteries, un bonne alimentation des sujets, de l’ambiance et de l’hygiène», ce qui n’est pas le cas dans la quasi-totalité des élevages. «En effet, et le terrain le démontre, la majorité des éleveurs de chair ont des cheptels moyens, qui tournent autour de 5 000 à 7 000 poulets, mais font très peu d’investissements pour obtenir des conditions d’ambiance et d’hygiène adéquates, ce qui provoque de forts taux de mortalité et des surconsommations d’aliments et de produits vétérinaires et, par voie de conséquence, augmente le coût à la production du poulet de chair». C’est le constat du comité interprofessionnel de la filière avicole, qui n’a eu de cesse de battre en brèche l’argument avancé par des éleveurs, qui affirment que, si le coût de revient à la production reste élevé, c’est en raison de la cherté des aliments, ce qui n’est plus le cas depuis trois ans, du fait que les cours du maïs et du soja, principaux aliments, ont enregistré des baisses considérables. C’est pourquoi on reste convaincu, au sein du comité, que «la réduction des prix au kilogramme du poulet passe par une réduction des coûts de la production, et seules de nouvelles exploitations peuvent y arriver, en introduisant des techniques d’élevage nouvelles, permettant de réduire au maximum le taux de mortalité dans les batteries et aussi d’alimenter les sujets à dose précise, le gaspillage étant presque nul».Sur le plan de la consommation, le poulet reste disponible sur les étals, mais il est trop souvent sujet à des fluctuations des prix au kilogramme. Et les baisses de prix sont très rares, en raison des spéculateurs qui continuent d’imposer leur diktat, ce qui se traduit, sur le circuit de la commercialisation de la viande blanche, par un alourdissement de la structure des prix à la consommation. Ces derniers s’emballent, à l’occasion du ramadhan et des fêtes religieuses. Ce qui a poussé les pouvoirs publics à réguler le marché de la volaille, en procédant à l’achat, par le biais des abattoirs publics et privés, de la surproduction de volaille, au prix de référence de 150 DA le kg, hors taxe, et de constituer, ainsi, un stock de régulation. Une stratégie mise en œuvre pendant le dernier ramadhan mais qui, en fait, n’a pas eu d’impact sur le circuit de commercialisation en général, puisque les ménages ont boudé la viande blanche congelée, préférant la viande fraîche, malgré son prix élevé. L’expérience a donc montré ses limites et on la voit mal reconduite, à moins que les pouvoirs publics mettent en place une autre stratégie, qui puisse permettre d’atteindre la norme de l’OMS en matière de consommation de viande blanche, qui est de 20 kg/an/habitant, alors que nous sommes toujours à 12 kg/an /habitant.
Z. A.
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