Capital-risque, taux de change, mouvement de capitaux, Bourse…
La finance internationale vue par le forum d’Alger sur la finance
Photo : APS
Par Youcef Salami
La 4e édition du Forum international sur la finance organisé, la semaine dernière à Alger, était riche en débats et en informations sur le monde de la finance, à l’échelle mondiale, sur la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis et sur ses répercussions sur les pays en voie de développement.
Une série de communications aussi intéressantes les unes que les autres ont été présentées, à l’occasion de cette rencontre. Des concepts comme le capital risque, les performances bancaires ont été amplement discutés. Le capital-risque pour financer la croissance, est-ce possible dans les pays en transition économique ? La question a été abordée et disséquée. En Algérie, le procédé est toujours en phase balbutiante. Il est sous-tendu par une batterie de lois qui ont été adoptées, depuis quelques années. Reste qu’au plan des applications, les choses n’évoluent pas au rythme souhaité. Dans certains pays ayant opté pour l’économie de marché, le capital-risque, de même que le capital-investissement a beaucoup évolué.
L’industrie du capital-investissement a même réussi à développer plusieurs métiers pour répondre aux besoins des Start up High Tech et aux entreprises matures à toutes les étapes de leur existence : amorçage (seed capital), création (start up), postcréation (early stage), développement, transmission/succession (LBO/LBI) et Ipo (Initial Public Offering). Mondher Cherif, expert rencontré en marge des travaux de ce forum, explique que les trois premiers stades constituent le capital-risque proprement dit (Venture Capital). Les opérations LBO surviennent dans de nombreuses configurations : cession dans un objectif de recomposition de groupe (spin-off) : vente d’une division ou d’une filiale d’une grosse société s’inscrivant dans le mouvement de recentrage de la société sur son métier de base ; transmission d’entreprises, notamment à actionnariat familial, sortie de minoritaires, opérations de retrait de la cote (public to private ou P to P), croissance externe (Leveraged Build Up) ; redressement d’entreprise : les problèmes de liquidités contraignent souvent une entreprise à se défaire rapidement d’une unité d’affaires. Notre locuteur sait de quoi il parle. Mondher Cherif est docteur d’Etat, professeur d’économie et de finance à Paris et à Genève.
Il est consultant international, auteur de plusieurs ouvrages et d’articles sur les taux d’intérêt, les taux de change, le capital-risque, le LBO, l’évaluation des entreprises, l’ingénierie financière et le private equity. Il est également directeur du Center for Private Equity Research à Genève. Il estime que, dans un environnement économique globalisé sans cesse en changement, le capital humain est la clef de la réussite pour les sociétés et les institutions financières. Il nous parle de Performances and Strategy qui offre un panel très large de services et de séminaires de formation adaptés aux besoins de ses clients et puise sa force dans son réseau riche de dizaines d’experts et de consultants internationaux, ayant une grande expérience des affaires et du monde académique. Il dit que son objectif est de faciliter les affaires et les investissements entre l’Afrique, l’Europe et les pays de la région Mena. Tomson Reuters était au forum évoqué. L’un de ses représentants nous explique en quoi les systèmes ont changé aujourd’hui, dans le monde de la finance : «Nous délivrons de manière fiable le contenu électronique et la connectivité nécessaire aux systèmes et aux applications qu’utilisent les banques et les entreprises pour gérer leurs activités financières», dit-il. Et de nous livrer une multitude d’éléments techniques : des solutions technologiques pour les salles de marché, middle et back-office, alimentation en temps réel, signalétiques et données de marché, service de pricing, plate-forme de données de marché, APIS, EDM, EMS & Open Messaging, système de tenue de position et de gestion de risques à travers toutes les classes d’actifs, gestion de portefeuille. Tomson Reuters sert, en fait, toute la communauté financière : accès étendu et global aux marchés financiers, aux données de marché et aux analytiques relatifs aux instruments de taux d’intérêt. Et, ce n’est pas tout, l’organe en question met à disposition des supports de tout le processus de négociation des actions : de la découverte d’une opportunité à l’identification de la liquidité et du prix, de la saisie d’un ordre et de sa gestion à l’exécution et à son traitement opérationnel : actions, taux d’intérêt, taux de change, combinaison d’informations en temps réel, de données, de commentaires et d’analyses permettant la négociation instantanée sur plusieurs «venues», depuis la même plate-forme Thomson Reuters. Des solutions de traitement intégré STP existent et permettent de minimiser le risque tout en améliorant l’efficacité. Autres avantages : l’accès unique aux informations et analytiques supportant toutes les phases du processus d’investissement, du pré- au post-transactionnel, du front au back-office, outils applicatifs et données de marché aidant les opérateurs et améliorant l’efficacité des traitements à travers toute la société, opportunités pour des accès directs, non filtrés aux sources principales de trading et d’analytiques, l’ensemble des fonctionnalités rassemblées dans un seul environnement de travail configurable pour les besoins et les flux propres aux fonds spéculatifs. Il est proposé également les outils étendus de screening, de targeting et d’analytiques pour fournir des conseils précis et rapides sur les stratégies d’entreprise, les financements en capital, fusions et acquisitions. Les outils et les données destinées à fournir des conseils appropriés afin d’améliorer la productivité et la qualité de la relation clientèle sont aussi répertoriés dans les offres de Tomsons Reuters. En gros, l’organisation des marchés se base sur les compétences complémentaires de Reuters et Thomson Financial : comprendre envergure mondiale.
Les responsables de cet organisme estiment que la pénétration européenne et asiatique de Reuters combinée à la forte présence américaine de de Thomson leur permettrait de servir leurs clients globalement. Ce sont des services proposés par Reuters à la communauté «Sell Side» associés aux propositions de Thomson pour les communautés «Buy Side» et les entreprises créent et servent les marchés mondiaux en «connectant» les différents intervenants en temps réel. Les informations et les données en temps réel de Reuters ajoutées aux analytiques et aux données historiques de Thomson offrent une couverture et une profondeur d’information unique. Les tailles et les capacités respectives de Thomson Reuters permettent de fournir, conjointement, la totalité des solutions permettant ainsi au client une diminution du nombre de relations-fournisseurs et une optimisation du «total cost of ownership». Le chapitre assurance a été aussi évoqué à la faveur de cette 4e édition du Forum sur la finance. Des notions comme les assurances semi-obligatoires et obligatoires ont été débattues. Des experts soulignent que ce ne sont pas toutes les personnes soumises à un risque qui sont contraintes de s’assurer par la loi. Il est ainsi des aspects facultatifs pour les indépendants, mais obligatoires pour les salariés, par exemple. L’assurance incendie du mobilier et des bâtiments est obligatoire dans certains cantons et facultative dans d’autres.
En termes d’assurances pour entreprises, les exemples de PME ne manquent pas. Et, la responsabilité civile (couverture spécifique selon la branche) ? Peu de choses ont été dites à ce sujet. Les performances dans le secteur bancaire dans la sous-région maghrébine ont été abordées. Sommairement, en termes de performances, les banques algériennes se font devancer par les banques tunisiennes et marocaines.
Le développement des institutions financières passera-t-il par la privatisation ? «Pas nécessairement», estiment des experts présents à ce forum.
Y. S.
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