Passivité des citoyens et complaisance des autorités locales
Le marché couvert à l’abandon
Le marché couvert de Bab El Oued est dans un état de dégradation avancé. La ménagère ne trouve plus aucun plaisir à y faire ses emplettes. Et pour cause ! «L’endroit est devenu triste. Les murs décrépis, le plafond et le sol laissés à l’abandon… et lorsqu’il pleut, les eaux de pluie s’infiltrent à l’intérieur», lance une femme, à sa sortie du marché, un jour de pluie justement. Chaque fois qu’il pleut, de nombreux commerces se retrouvent dans l’obligation de couvrir leur marchandise sinon de la retirer carrément des étals. Certains préfèrent ne pas s’y rendre et acceptent les pertes de la journée. «C’est la débandade. Personne ne s’occupe de rien», s’écrie un commerçant, accusant à la fois les autorités locales et les commerces informels d’avoir aggravé une situation qui ne fait que se détériorer depuis des années. Commerçants et consommateurs se plaignent ainsi des flaques d’eau qui se forment aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
La situation est d’autant plus critique que les ruelles attenantes au marché sont couvertes de boue et de déchets de toutes sortes qui s’amoncellent au quotidien, au su et au vu de tous. Une situation qui dure depuis des années sans que des moyens d’y remédier soient trouvés. A qui incombe cette erreur ? Aux commerçants qui ne s’organisent pas entre eux pour procéder aux réparations nécessaires ou bien aux autorités locales qui feignent d’ignorer le problème ? En fait, les deux ont leur part de responsabilité.
Ce décor peu reluisant, ajouté aux commerces anarchiques qui bloquent l’accès à cette grande surface -présents en grand nombre les autres jours- ne peut que susciter davantage de colère et d’indignation.Ces commerces informels, comme c’est le cas d’ailleurs dans bien d’autres communes de la wilaya d’Alger, continuent de pousser comme des champignons malgré les promesses des autorités locales (APC et wilaya) de les éradiquer. Des promesses en l’air ! Ni les responsables de l’APC ni les agents de sécurité ne semblent s’occuper des problèmes de la commune. Mais là n’est pas la question, sommes-nous tentés de dire, tellement les Algériens sont habitués à l’indifférence des pouvoirs publics. Le problème crucial est que les concernés eux-mêmes n’agissent pas de façon à pousser ces derniers à prendre les décisions qui s’imposent. Les commerçants ne s’organisent pas pour revendiquer leurs droits pas plus que les consommateurs. Chacun compte sur l’autre, alors que personne n’agit pour l’autre. Ignorance ou insouciance ?
Les deux à la fois dans une société qui perd ses repères chaque jour davantage. Commerce informel, insalubrité, anarchie et bien d’autres problèmes continuent de saper le moral des habitants des communes d’Alger et d’ailleurs, des phénomènes sociaux dont la cause est toujours la même : l’indifférence. C’est à se demander à quoi sert un élu local.
K. M.
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- Samedi 18 février 2012
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