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En l’absence d’une politique de promotion du tourisme culturel

La culture, un filon économique inexploité

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Par Hassan Gherab 

«Je voudrais visiter les ruines de Timgad. Qu’est-ce que vous avez à me proposer comme circuit et prise en charge pour une famille de quatre personnes ?» L’étonnement s’affiche sur le visage de la demoiselle chargée de l’accueil des clients au niveau de l’agence de voyages. Manifestement, ne parvenant pas à nous caser dans une des catégories de clients qu’elle a l’habitude de recevoir, elle se demande si elle a affaire à un plaisantin ou un original. Finalement, elle opte pour le deuxième profil et nous traite comme tel en nous expliquant que l’agence n’a aucune formule ni circuit de ce genre, «mais je peux, si vous voulez, me renseigner pour vous sur les hôtels dans la région», nous propose-t-elle aimablement. «Sinon, nous avons des formules pour des séjours en Tunisie, en Turquie, en Grèce… Il y a aussi des ruines dans ces pays», nous suggère la jeune fille qui, en professionnelle, essaye de nous vendre les produits de l’agence.
La même requête sera faite dans d’autres agences de voyages de la capitale. A quelques nuances près, nous aurons les mêmes réponses pour les visites de sites algériens et des suggestions pour la découverte de ceux étrangers. Pourtant, les ruines de villes et ports romains, les palais ottomans, les vestiges numides, les médinas, les ksour… existant en Algérie n’ont rien à envier à de nombreux sites d’autres pays. Si on y ajoute la poterie noire d’Adrar, les foggaras du Sud-Ouest, les systèmes d’irrigation des oasis, les stations des peintures et gravures rupestres, les bijoux en argent de Kabylie, le tapis d’Ath Hichem, les musiques et fêtes populaires et tant d’autres produits des patrimoines culturels des différentes régions d’Algérie, on peut aisément établir non pas un, mais une bonne demi-douzaine de circuits touristiques, et qui se vendraient comme des petits pains. Mais «vendre» un circuit culturel exige l’existence de l’environnement nécessaire. Il faut qu’il y ait des infrastructures d’accueil (hôtels, auberges, campings, restaurants), des moyens de transport et un personnel spécialisé (guides, voyagistes, promoteurs…), en plus de la sécurité.
Nous remarquerons que la création de cet environnement requiert l’implication de plusieurs ministères qui devraient travailler de concert pour un même objectif : la création et la promotion d’un tourisme culturel qui, s’il est exploité, peut générer des recettes importantes et même devenir un créneau économique porteur. Or, pour l’heure, nous n’avons que le produit, et encore pas toujours en bon état de préservation. Il y a donc du travail à accomplir dans ce secteur également tant dans le domaine de la préservation que dans ceux de la restauration, de la mise en valeur et de la promotion. On peut bien opposer, à juste titre d’ailleurs, qu’il serait dangereux de traiter la culture comme un vulgaire produit qu’on commercialiserait comme une quelconque marchandise. Il n’en serait rien si on forme le personnel spécialisé et qu’on active les institutions en charge des patrimoines pour garantir une exploitation judicieuse de ces filons qui, faut-il le souligner, profitera aux sites. Car une partie des recettes enregistrées ira à l’entretien de ces sites. Il ne reste donc qu’à convoquer l’intersectorialité pour que le tourisme culturel devienne une réalité économique dans ce riche pays.    

H. G.

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