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Tiens bon, Jo !
Par Abdou B.
L’éternel jeune du cinéma mondial à l’heure où ces lignes sont écrites est plongé dans le coma dans un hôpital parisien. Pour avoir du cœur, il en avait, lui qui a subi il y a des années une opération à cœur ouvert à Londres. Toujours Egyptien, et c’est déjà compliqué, disait-il à ceux qui l’interrogeaient sur ses origines inextricablement métissées : copte, Grec, Arabe, Alexandrin, presque Libanais, aimait-il à réciter. Au-dessus de labels étroitement nationalistes. Il fallait d’abord voir ses films, le côtoyer dans les festivals partout dans le monde (Cannes, Moscou, Constantine, à la Cinémathèque d’Alger, d’antan bien entendu, Paris…) pour mesurer la grandeur humaine et artistique, l’engagement politique dans son pays d’ abord, pour la Palestine et contre les servitudes des dirigeants arabes. Il a fait des stars : Yousra, Omar Charif, Faten Hamama, Mahmoud El Melligui. Il a dirigé Piccoli, le talentueux «Little Big Man», Sid Ali Kouiret et a pris F. Beloufa comme assistant. Où est-il celui-là ? Et il a, pour expliquer sa relation avec l’Algérie, réalisé le premier film de fiction au monde sur notre guerre d’indépendance «la bataille d’Alger», juste à la fin de cette bataille. C’est qu’il a toujours de l’avance, le gaillard !
De grands dirigeants en Algérie ont honoré de petits faiseurs comme A. Arcady, un fan de Tsahal sur laquelle il a fait un film avec Sophie Marceau. Mais personne, ici, n’a pensé à l’honorer car il est bien vrai qu’il dérangeait la nomenklatura arabe ! Et c’est la France qui lui a décerné la légion d’honneur pour les arts et les lettres, devançant les régimes arabes, lui qui s’est fait un point d’honneur à ne travailler qu’avec des Egyptiens à des postes clés sur un tournage. Le chef opérateur, le musicien, le costumier, le décorateur, les assistants sont tous de son pays sur chaque film. Et les tournages se font exclusivement en Egypte, sauf à ses débuts libanais avec le grand Farid El Atrache.
Tiens bon, Jo, car, lorsqu’un monument universel vacille ou disparaît, c’est toute l’humanité qui perd une partie d’elle-même. Avec feu l’ONCIC, et Abderahmane Laghouat, alors directeur général, l’Algérie avait ouvert ses portes à ce géant qui indiquait la Cinémathèque algérienne lorsque dans le monde un festival ou une association voulait montrer ses films. Ces derniers étaient déposés ici à Alger jusqu’à une certaine époque, celle où les grands cinéastes se sont mis à aller voir ailleurs qu’à Alger. La relation de Y. Chahine avec l’Algérie est un bon baromètre pour mesurer la régression, la perte d’audience au plan cinématographique et politique dans le Monde arabe et ailleurs. Tiens bon, Jo, il y a beaucoup d’Algériens qui t’aiment
L’éternel jeune du cinéma mondial à l’heure où ces lignes sont écrites est plongé dans le coma dans un hôpital parisien. Pour avoir du cœur, il en avait, lui qui a subi il y a des années une opération à cœur ouvert à Londres. Toujours Egyptien, et c’est déjà compliqué, disait-il à ceux qui l’interrogeaient sur ses origines inextricablement métissées : copte, Grec, Arabe, Alexandrin, presque Libanais, aimait-il à réciter. Au-dessus de labels étroitement nationalistes. Il fallait d’abord voir ses films, le côtoyer dans les festivals partout dans le monde (Cannes, Moscou, Constantine, à la Cinémathèque d’Alger, d’antan bien entendu, Paris…) pour mesurer la grandeur humaine et artistique, l’engagement politique dans son pays d’ abord, pour la Palestine et contre les servitudes des dirigeants arabes. Il a fait des stars : Yousra, Omar Charif, Faten Hamama, Mahmoud El Melligui. Il a dirigé Piccoli, le talentueux «Little Big Man», Sid Ali Kouiret et a pris F. Beloufa comme assistant. Où est-il celui-là ? Et il a, pour expliquer sa relation avec l’Algérie, réalisé le premier film de fiction au monde sur notre guerre d’indépendance «la bataille d’Alger», juste à la fin de cette bataille. C’est qu’il a toujours de l’avance, le gaillard !
De grands dirigeants en Algérie ont honoré de petits faiseurs comme A. Arcady, un fan de Tsahal sur laquelle il a fait un film avec Sophie Marceau. Mais personne, ici, n’a pensé à l’honorer car il est bien vrai qu’il dérangeait la nomenklatura arabe ! Et c’est la France qui lui a décerné la légion d’honneur pour les arts et les lettres, devançant les régimes arabes, lui qui s’est fait un point d’honneur à ne travailler qu’avec des Egyptiens à des postes clés sur un tournage. Le chef opérateur, le musicien, le costumier, le décorateur, les assistants sont tous de son pays sur chaque film. Et les tournages se font exclusivement en Egypte, sauf à ses débuts libanais avec le grand Farid El Atrache.
Tiens bon, Jo, car, lorsqu’un monument universel vacille ou disparaît, c’est toute l’humanité qui perd une partie d’elle-même. Avec feu l’ONCIC, et Abderahmane Laghouat, alors directeur général, l’Algérie avait ouvert ses portes à ce géant qui indiquait la Cinémathèque algérienne lorsque dans le monde un festival ou une association voulait montrer ses films. Ces derniers étaient déposés ici à Alger jusqu’à une certaine époque, celle où les grands cinéastes se sont mis à aller voir ailleurs qu’à Alger. La relation de Y. Chahine avec l’Algérie est un bon baromètre pour mesurer la régression, la perte d’audience au plan cinématographique et politique dans le Monde arabe et ailleurs. Tiens bon, Jo, il y a beaucoup d’Algériens qui t’aiment
A. B.
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- Samedi 18 février 2012
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