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Au delà des facteurs socioéconomiques

L’école pour lutter contre l’insécurité

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Photo : Riad
Par Amar Rafa 

Des bandes rivales qui s’affrontent à coups de sabres et de chiens tueurs, ce nouveau phénomène de société est en train gagner de l’ampleur dans certains quartiers périphériques de la capitale, anciens et nouveaux, nés du recasement des habitants des bidonvilles ou habitats précaires. La quiétude des riverains est sérieusement mise à mal, sans parler des dégâts humains et matériels qu’entrainent les vendettas. L’insécurité n’est pas nouvelle, mais ce phénomène de société atteint parfois des proportions inquiétantes. De quoi inciter les autorités publiques et la société civile à se pencher sérieusement sur ce problème. L’urgence est signalée au point de mettre le problème de la sécurité au rang de première préoccupation des algériens et, de là, à dépasser l’approche sécuritaire, qui s’avère souvent inefficiente, pour des solutions concrètes.L’insécurité est un terme générique sous lequel se cachent plusieurs éléments, notamment la misère sociale et économique, mais pas seulement. Car, il y a aussi la déperdition scolaire, la mal vie, l’absence d’activités culturelles et sportives, et … la dégradation des valeurs morales. L’exemple nous vient d’un vieux quartier d’Alger-centre. Un jeune désœuvré agresse une jeune fille la délestant de son sac à main, après l’avoir braquée à l’aide d’un couteau, en plein jour et au milieu de la chaussée. La scène se passe devant des passants médusés, sans réaction. Sauf, qu’au loin deux vieux, qui devisaient au coin d’une rue, la suivaient du regard. Fulminant contre l’insécurité qui a atteint leurs quartiers, ils décident d’en appeler aux parents des auteurs de ces actes ignobles, dont ils déplorent l’absence d’autorité sur leurs enfants. Les parents s’avouent effectivement vaincus devant leurs progénitures. Cette séquence d’une vie d’un quartier populaire et populeux de la capitale prouve, si besoin est, que, l’insécurité peut avoir pour cause une crise de valeurs morales, à savoir l’absence d’autorité parentale et la perte de repères et d’identité auprès de la jeunesse, qui s’identifie à des modèles d’ailleurs, véhiculés à travers les médias. Il est vrai que les conditions de vie socioéconomiques ne doivent pas être négligées dans la compréhension du phénomène de l’insécurité, sinon comment expliquer que le phénomène est beaucoup plus présent dans les lieux où se conjuguent promiscuité et exiguïté des logements, chômage et absence de lieux de distractions et d’activités culturelles et scientifiques en direction des enfants et des jeunes. C’est le cas dans les vieux ensembles urbains nés de la colonisation, où s’entassent des familles nombreuses dans de minuscules appartements, poussant les jeunes garçons à fréquenter le plus souvent la rue faute d’espace chez eux. Une conséquence de l’exode rural et de l’absence de planification en matière de gestion urbaine, imputable aux pouvoirs publics, qui n’ont pas su prévoir l’évolution des besoins de la société. Mais ces conditions ne peuvent expliquer à elles seules la dégradation de la sécurité dans les villes. Si l’on considère surtout les efforts consentis par les pouvoirs publics en matière de relogement dans des logements réalisés sur le budget de l’Etat, et le recul du chômage, grâce aux multiples dispositifs mis en place, qu’en est-il alors du problème? Il faut se le dire tout net : la sécurité relève tout d’abord des services de police et/ou de gendarmerie, et de la justice, mais il n’en demeure pas moins, que sa prise en charge doit découler d’une prise de conscience collective, de la société en entier, des collectivités locales, du mouvement associatif, de la famille, de l’école, etc. Ainsi, pour nombre de sociologues, qui se sont appesantis sur le phénomène, le rôle éducatif de l’école est mis en relief, non seulement dans l’éducation civique, mais aussi pour la prévention de la délinquance juvénile. Outre la mal vie, le chômage, le vide culturel, Il n’est plus nécessaire de démontrer le lien entre l’échec scolaire et la délinquance qui a fait l’objet de nombreux travaux. Même si tous les enfants en échec scolaire ne sont pas pour autant délinquants, la réussite scolaire est l’un des facteurs de réussite sociale, en ce sens que les études aident à extirper les jeunes à l’oisiveté - mère de tous les vices- et d’améliorer leurs conditions de vie.
A. R.

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