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La machine économique peine à démarrer

Les mesures d’appui à la production nationale restent sans résultats

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Photo : S. Zoheïr
Par Samira Imadalou
 
L’économie algérienne hors hydrocarbures peine à être relancée. Le constat revient  régulièrement  dans les débats sur la situation de l’économie nationale. Et pourtant les opportunités d’investissements dans différents secteurs sont bien là et sont souvent également mises en avant. Où réside alors le blocage ? Dans le pilotage  et dans le management répondent les experts et les observateurs de la scène économique. Alors que l’Algérie s’apprête à célébrer en juillet prochain le cinquantenaine de l’indépendance, le pays est toujours à la recherche d’une politique économique fiable basée sur  la production et non sur la rente pétrolière. Durant cinq décennies, c’est-à-dire depuis 1962,  l’économie algérienne a traversé plusieurs phases.  Du socialisme (révolution agraire, industrie industrialisante …) et du dirigisme  pendant l’ère de Houari Boumediene, passant par  la crise de 1986, en  raison de la chute du pétrole et du plan d’ajustement structurel (et toutes ses conséquences)  imposé par le Fonds monétaire international  (FMI) et la Banque mondiale (BM). La scène économique algérienne a traversé bien des difficultés dans ce processus de réformes. La décennie noire qui a marqué le pays durant les années 1990 n’a pas été sans conséquences sur plusieurs secteurs économiques. Abandon des terres agricoles  situées dans les zones durement frappées par le terrorisme, exode rural,  fermeture d’unités de production en baisse de flux touristiques et des investissements étrangers, résument les conséquences de la dégradation de la situation sécuritaire en Algérie. Les pouvoirs publics ont tenté  de reprendre les choses en main en optant pour l’ouverture tous azimuts à travers la politique de privatisation que le gouvernement a réussi à faire accepter par le partenaire social qu’est l’Union générale des travailleurs algériens ( UGTA) en 2004. L’opération devait concerner 1 200 entreprises mais n’en a touché que 450, dont certaines étaient dans un état moribond. D’où les difficultés de les relancer sur l’échiquier économique. Les résultats ont été mitigés et longuement critiqués.  Et ce, d’autant que les  objectifs assignés à ce processus n’ont pas été atteints. Le transfert de technologies tant attendu n’est pas arrivé. Idem pour l’amélioration de la part de l’industrie dans le PIB national. Une part qui n’est aujourd’hui que de l’ordre de 5%. En dépit de ces résultats, le gouvernement continue à défendre le bilan des privatisations. Au lendemain de la tripartite économique de mai 2011, le premier ministre, Ahmed Ouyahia qui avait reconnu auparavant l’échec de l’opération pour certaines entreprises  dira à ce sujet : 
«l’Etat ne se fixe plus un objectif chiffré mais selon l’intérêt de l’économie nationale». Ce qui n’a pas été appliqué au début. Cet aveu d’échec montre clairement que la  privatisation des entreprises publiques ne s’est pas faite sans planification, c’est-à-dire sans calculer les besoins réels de l’économie nationale en terme de production et d’emplois. Car, faut-il le noter, l’essentiel étant de sauvegarder l’emploi et l’outil de production sans pour autant brader l’entreprise.  Quelques années après cette ouverture qui devait toucher le secteur banquier, le gouvernement a fait marché arrière avec les changements intervenus sur la scène économique mondiale notamment la crise financière de 2008 .La copie a été révisée avec un accent sur la protection de l’économie. Le cadre de l’investissement en Algérie, a ainsi été revu  principalement à travers la loi 49-51%, qui a fait couler beaucoup d’encre que ce soit en Algérie ou à l’extérieur.  La préférence nationale a été consacrée par la loi.  Ce qui s’est soldé par la baisse des flux d’investissement avant d’enregistrer un retour après les opérations d’explications et de sensibilisation  menées par le gouvernement qui dit  assumer cette réalité en toute souveraineté. Mais en parallèle, la machine nationale  n’arrive pas à démarrer en dépit des soutiens (allègements fiscaux, plans d’assainissement…) accordés aux entreprises publiques avant d’être élargis à celles, relevant du privé, dont la part dans le développement économique reste faible. Le tissu des PME reste ainsi aujourd’hui, selon les résultats du recensement économique dominé par le commerce au détriment de la production et  de l’innovation ou les besoins de l’économie qui importe les matières  alimentaires en masse, très important. Et ce faute, d’un système productif efficace. Les investissements hors hydrocarbures réalisés en Algérie ces dernières années n’ont atteint que  40 milliards de dollars, selon l’Agence nationale de développement des investissements (ANDI). Un chiffre bien en deçà des attentes.
S. I.
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