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Selon la Commission médicale nationale

Réduction drastique des transferts de malades à l’étranger

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Photo : Riad

Par Amel Bouakba

«L’Algérie n’a pas mis fin aux transferts de malades à l’étranger mais les a réduit de façon drastique.» Ainsi, sauf les cas exceptionnels, qui ne peuvent être pris en charge en Algérie, sont transférés à l’étranger dans le cadre de conventions intergouvernementales. C’est en substance ce qu’a indiqué le professeur Bougherbal, chef de service cardiologie à l’établissement hospitalier spécialisé Dr Maouche Mohamed Amokrane (ex-CNMS de Clairval), président de la commission médicale nationale (CMN). «Nous sommes passés de 10 000 transferts pour soins à l’étranger durant les années 1990 à 430 en 2009», dira-t-il. Selon lui, «l’objectif primordial est de diminuer les coûts exorbitants dépensés par la sécurité sociale et de ne transférer que les cas dits urgents. Rappelons qu’en moins de 20 ans, la CNAS a dépensé quelque 10 milliards de dinars représentant les coûts de soins à l’étranger. Notre interlocuteur expliquera que les pouvoirs publics ont ainsi adopté un programme de réduction des transferts pour soins à l’étranger 2006-2009 dans le but de diminuer les coûts et de résorber la liste d’attente des malades. L’objectif de ce programme est «de supprimer à terme les transferts des malades à l’étranger à travers l’amélioration des programmes de santé, le renforcement des plateaux techniques et la formation des équipes soignantes». Ainsi, l’une des premières nécessités est de doter les structures de santé de moyens matériels et humains mais aussi de former des équipes médicales dans le cadre de conventions avec des  hôpitaux étrangers comme c’est le cas actuellement avec l’hôpital Cromwell de Londres. Créée par arrêté interministériel n°026 du 03 août 1995 et modifié par l’arrêté
ministériel du 10/01/1999, la CMN a été installée le 21 août 1995. Elle est chargée de placer les malades, en priorité, dans les structures conventionnées par la CNAS, selon un forfait établi. La prise en charge concerne «les pathologies présentant un risque vital, sans solution thérapeutique dans une structure nationale et présentant toutefois un espoir de guérison». Lors de la décennie noire, la CMN accordait une attention particulière aux victimes de traumatismes balistiques, liés au terrorisme. Aujourd’hui, seules les pathologies qui ne peuvent être traitées localement sont prises en charge à l’étranger.Les transferts pour des soins à l’étranger ont été réduits de 30% en 2007 et de 20% en 2008. Dans le cadre du programme 2006-2009, la CMN ne donne désormais son aval qu’aux seuls cas «exceptionnels». La CNM peut, néanmoins, «être saisie dans le cadre de l’urgence», est-il précisé. «Nous ne pouvons plus continuer à faire supporter à la CNAS et à l’assureur des coûts élevés et des prolongations de séjour à l’étranger parfois injustifiées», souligne le professeur Bougherbal. Notre interlocuteur dira que les transferts des malades à l’étranger «ont de tout temps obéi à certaines règles», précisant que «le transfert n’est pas un droit». Et d’ajouter : «Il est vrai qu’à un moment donné l’Algérie ne disposait pas de moyens pour prendre en charge certaines pathologies, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Notre pays a investi énormément d’argent pour doter les hôpitaux algériens en équipements ultramodernes. Aussi, le transfert à l’étranger de certains malades n’est plus justifié», expliquera encore le professeur Bougherbal. Il s’agit, selon lui, «d’une exception qui concernera certaines maladies qui n’ont pas de solution sur place». Aussi, les transferts concernant les cas exceptionnels pour soins thérapeutiques spécifiques justifiés». Les pathologies éligibles au transfert ont été rigoureusement limitées.  Des conventions intergouvernementales ont été signées avec des pays européens, en l’occurrence la France (accords avec des hôpitaux publics), la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne, notamment avec l’hôpital Cromwell de Londres pour le traitement des cardiopathies infantiles. Les transferts vers la Jordanie ont été par ailleurs suspendus depuis une dizaine d’années «car nous disposons des mêmes moyens», est-il indiqué.  Il faut reconnaître que, bien souvent, les soins effectués à l’étranger n’apportent pas nécessairement les résultats escomptés. Notons enfin que le flou qui entoure la question des transferts de malades pour soins à l’étranger a ouvert la voie à des passe- droits qui font que les plus nantis ont toujours accès à ces prises en charge.  D’autant que les transferts de certaines catégories de malades pour soins à l’étranger sont «alimentées» par les cotisations des assurés sociaux.

A. B.

 

Le professeur Bougherbal, président de la CMN : «Certains hôpitaux étrangers nous ont arnaqués»

La question des transferts des malades à l’étranger met à nu certaines pratiques préjudiciables pour l’Algérie. Ainsi, le professeur Bougherbal attire l’attention sur l’arnaque dont  a fait l’objet notre pays de la part de certains établissements hospitaliers étrangers. «Des hôpitaux étrangers nous arnaquaient. Ils  facturaient la journée entre 1 000 et 1 500 euros et parfois pour des soins fictifs»,  a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «On s’est rendu compte que certains malades algériens étaient retenus pour des séjours de soins imaginaires» dans le but de gonfler la facture de la prise en charge.  Dans la perspective de réduire cette facture faramineuse, assure le professeur Bougherbal, «les pouvoirs publics ont ainsi soumis cette question à des critères draconiens».

A. B.

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