Des plans brouillés et des préoccupations nouvelles chez les dirigeants
La crise financière s’invite au Mondial de l’automobile
De notre envoyé spécial à Paris
Lyès Ibalitène
Les dirigeants des plus grands constructeurs automobiles avaient beau manifester des attitudes de réjouissance en présentant à la presse leurs tout nouveaux modèles, leurs brefs discours ne pouvaient contourner cette crise financière dont toute la planète parle et qui s’est naturellement invitée au Mondial de l’automobile, ouvert à Paris le 4 octobre pour se poursuivre jusqu’au 19 du même mois. Au total, 362 marques de 25 pays sont présentes.
Autrement dit, si le palais des Expositions, à la porte de Versailles, est actuellement le centre du monde automobile, l’industrie automobile est, de son côté, au centre des préoccupations des dirigeants du secteur. Une industrie assez fortement secouée par les turbulences financières qui se traduisent, entre autres réactions incommodantes, par des marchés en berne en Europe et aux Etats-Unis.
La crise est donc bel et bien partie prenante au Mondial de Paris, connu pour être le plus grand événement du genre en matière d’affluence (1,4 million de visiteurs en 2006), et, fatalement, la fête en subit les contrecoups. «La conjoncture actuelle ne ressemble en rien à ce qu’on a connu jusqu’à présent», avouera Carlos Ghosn, P-DG de Renault et de Nissan, après avoir dévoilé la nouvelle Mégane jeudi dernier lors de la première journée presse. «Notre secteur court un risque financier grave, ce n’est pas la crise économique qui m’inquiète, c’est la crise
financière. C’est le plus dangereux à court terme», ajoutera-t-il, faisant référence aux éléments qui s’entrechoquent au détriment du secteur automobile, entre crise de liquidités, taux d’intérêt élevés et ralentissement de plusieurs marchés automobiles.
De son côté, le président de PSA, Christian Streiff, utilise d’autres mots mais parle le même langage et met en évidence les mêmes problèmes. «Ce n’est pas la première crise que je traverse en tant qu’industriel, mais être plongé dans un tel brouillard, c’est nouveau pour moi», lâchera le patron du groupe français.
Le P-DG de Volkswagen, Martin Winterkorn, confirmera, quant à lui, les objectifs de son groupe pour l’année 2008 : «Nous allons atteindre les chiffres que nous avons donnés pour 2008», soulignera-t-il lors d’une soirée de présentation des nouveaux modèles du groupe présentés à Paris.
Confirmation pour 2008 mais prudence pour 2009 chez le patron du premier constructeur européen : «Nous sommes devenus plus critiques», dira Martin Winterkorn avant de préciser que VW pourrait devoir réduire sa production en cas de persistance de la déprime de ses principaux marchés. «Si les marchés continuent d’être orientés si radicalement à la baisse, nous serons contraints de revoir à la baisse nos plans de production»,
regrettera-t-il.
L. I.
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