Le football professionnel traverse une période délicate
Finances moribondes, clubs asphyxiés!
Par Yanis Bouarfa
Le football algérien, avec ses différentes composantes et ses multiples acteurs, le football professionnel et le football amateur, traversent une période délicate dans un contexte particulièrement difficile. Les problèmes s’amoncellent et les solutions tardent à être trouvées, ce qui ne peut que contribuer à son enlisement dans la crise. Cette crise présente de multiples facettes. Elle est d’abord morale avec la perte et la quasi-disparition des valeurs sportives, de fair-play et de respect d’une certaine éthique. Aujourd’hui, ceux qui disent, ou qui peuvent encore l’affirmer, que le foot n’est pas en deçà des espérances, se voilent la face et occultent une amère réalité. Ensuite, la crise est matérielle, avec un caractère multiforme. Les terrains de football sont dans un piteux état, manquent d’entretien adéquat, voire manquent tout court ! Aujourd’hui, même les catégories seniors qu’on s’arrangeait auparavant à protéger et à qui on garantissait les conditions idéales pour travailler, sont touchées. Ne parlons pas alors des autres catégories et notamment des jeunes. Les caisses des clubs sont désespérément vides, à l’exception de deux ou trois clubs qui peuvent se targuer d’avoir un petit pactole en banque. Pour le reste, c’est la gestion de la misère et les miettes recueillies ça et là n’arrivent plus à permettre à satisfaire les exigences de joueurs de plus en plus gourmands, conseillés, dans la plupart des cas, par des agents véreux ou des proches, y compris des parents assoiffés de «richesses». Ce ne sont là que deux aspects évoqués mais que les assemblées ont superbement ignoré. Les discussions sont faites autour des lieux de préparation, les hôtels de luxe, les frais de mission, les autres aspects ont été éludés. Les présidents de clubs ne cessent de gémir pourtant, le volet financier constitue pour la plupart d’entre eux, le véritable casse-tête. Un mal chronique, lancinant, sans cesse renouvelé. C’est en quelque sorte leur ulcère quotidien. Des sommes faramineuses sont nécessaires pour faire tourner toute une ruche : administration, techniciens, entraîneurs, encadreurs, staff médical, recruteurs, joueurs, maintenance, logistique inhérente aux déplacements des différentes catégories et sections, équipements, etc. Le plus drôle dans l’affaire, c’est que la plupart de ces «aventuriers» ont été fort encouragés avant leur prise du pouvoir par toutes les parties prenantes du club. Des assurances même leur ont été faites par des bailleurs de fonds, et par les mécènes de la région de leur venir en aide et de ne les point les laisser se débattre seuls dans le besoin. Par naïveté peut être, par faux calculs sûrement, ils sont tombés dans le panneau des promesses mirobolantes et ont accepté le challenge. Et le malheureux bonhomme de rentrer de plein pieds dans la tourmente, maudissant le jour où il a cru au père Noël, entendre les sornettes de ses prétendus appuis ! Les problèmes quotidiens endurés par les clubs aux ressources financières limitées sont d’une acuité terrible. Il va sans dire, que c’est aux présidents seuls d’en assumer l’entière responsabilité et de les résoudre étant les principaux responsables du club. Les promesses mielleuses faites avant leur investiture de renflouer les caisses quand le besoin se fait sentir se sont pratiquement toutes volatilisées. Vis-à-vis de leurs créanciers, c’est le président qui doit régler toutes les factures en dépit du manque à gagner manifeste. Cette situation délicate appelle les autorités du football (fédération, ligues, dirigeants des clubs, autorité de tutelle) à prévoir des assises et des journées de réflexion pour prendre à bras-le-corps les maux véritables et leur trouver des solutions adéquates. De plus, il faudrait penser à restructurer quelques institutions, celles du palier inferieur afin que les débats soient cohérents avec des acteurs se trouvant dans la même situation. On sait aujourd’hui que les problèmes vécus par les clubs supposés être professionnels et les clubs amateurs sont de nature différente. Les réunir tous ensemble dans la même enceinte n’aboutit qu’à des discussions qui ne volent pas très haut, vue la divergence des intérêts. Cela aboutit très souvent à une profonde incompréhension entre les deux camps. Autrement dit, il faudrait faire en sorte de prévoir une assemblée pour les clubs professionnels, dans le cadre par exemple de la Ligue professionnelle de football, et une autre pour les clubs amateurs dans un autre cadre, avec le rôle de régulateur et de gardien de la solidarité de la famille élargie du football que devrait tenir la fédération, instance suprême du football algérien.
Y. B.
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