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Ils avaient tous moins de 24 ans lorsqu’ils tombèrent au champ d’honneur

Les 25 jeunes martyrs de Hassine

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De notre correspondant à Oran
Mohamed Ouanezar
 
En ce 54ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, la génération de Novembre se remémore les événements qui ont jalonné le parcours de la révolution et laissent libre cours aux réminiscences et autres souvenirs mêlés de douleurs, de joies et de mélancolie. A Hassine, un village à mi-chemin des communes de Mascara et de Sig, implanté dans le creux des monts Fergoug, témoins séculaires de la bravoure et du martyre d’une population fière et déterminée, loin des sempiternels rituels, souvent, creux, la population rend hommage, en silence, à ses martyrs et à ses enfants perdus à tout jamais. En ce mois anniversaire de la révolution, les habitants de ce village édifié en 1855 et qui portait le nom du maréchal français Dublineau, font appel à leurs souvenirs pour nous raconter le terrible sacrifice de ces 25 jeunes tombés au champ d’honneur à la fleur de l’âge, que d’aucuns n’ont jamais évoqués ni montrés aux jeunes générations comme un exemple de sacrifice suprême. 
Et, pourtant, ils avaient choisi le maquis et le martyre plutôt qu’une vie calme et douce. 
Les habitants de Hassine, qui avaient accepté de nous confier leur mémoire au sujet de ces jeunes martyrs, ont renoué avec un passé oublié, voire occulté pour des raisons inconnues ou plutôt tues. Il aura fallu que la Tribune s’en mêle et raconte les faits d’armes du leader de cette section de 25 jeunes moudjahidine qui a donné du fil à retordre à l’armée française dans la région pour qu’on daigne baptiser une maison de jeunes du nom de ce grand chahid, Mohamed Boumaaza, dit Si Meftah. Ce sera tout. Pourtant, l’histoire de cet illustre jeune Algérien de la génération de la révolution qui a suscité la curiosité des Européens qui l’avaient connu et apprécié était faite d’aisance, de bravoure et de douceur. En effet, issu d’une famille moyenne, Si Meftah avait le sens des affaires. Il avait réussi à monter une affaire à Périgueux, Mohammadia, et une autre à Dublineau où il s’occupa de vente de tissu de qualité et de postes transistors. «A l’époque, il avait une belle traction 15. Il était envié des Européens qui voyaient en lui l’exemple parfait de la réussite de l’Algérien», notera son cousin Belebna qui habite toujours à Mohammadia. Le frère du chahid, Naguib Boumaaza, un ancien de la guerre de Sinaï, n’en finit pas de se battre pour rendre à son défunt frère l’estime et l’honneur qui lui sont dus. 
Un devoir de mémoire que seul Naguib a entrepris pour «dire aux Algériens ce que la famille Boumaaza a donné à l’Algérie». Ayant constaté que la hogra s’amplifiait dans son village natal ainsi qu’à Périgueux où il passait le plus clair de son temps, il sera contacté par les moudjahidine qui lui assigneront une première mission : abattre un harki. 
Mais Si Meftah n’en fera qu’à sa tête. «Il n’a pas voulu abattre cet Algérien traître. C’est sa compagne qui l’a orienté vers un sinistre parachutiste qui terrifiait les populations algériennes à Périgueux. 
L’attentat sera perpétré dans une gargote où le militaire français avait l’habitude de se rendre. Il prendra un sentier fortement boisé et très accidenté qui le mènera vers l’oued, non sans avoir récupéré une mitrailleuse. Le lendemain, Si Meftah sera emmené vers les maquis à partir du hameau de Ouled Ammar où il sera rejoint par 25 autres jeunes du village. En 1957, à la suite d’une trahison, les 25 jeunes qu’il supervisait dans une section moururent dans une grotte du mont Fergoug sous les feux des bombardements de l’aviation et des canons de l’armée française. 
Le martyre de ces jeunes n’a jamais été autant d’actualité qu’au cours de ces dernières années où de jeunes Algériens désœuvrés ont pris le large au péril de leur vie, fuyant le mal-vivre et le désespoir. Notre déplacement dans ces deux villages en a ravi plus d’un parmi la population qui espère qu’«un jour, nos moudjahidine daigneront bien honorer la mémoire de ceux qui ont offert leur vie pour que vive l’Algérie», en érigeant une stèle commémorative à l’endroit même où ils sont tombés en martyrs ou dans les villages de Mohammadia ou de Hassine.  
M. O.
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