Il a entamé hier une tournée au Proche-Orient
Poutine veut expliquer la position de Moscou sur la Syrie
En tournée au Proche-Orient depuis hier, le président russe doit rencontrer successivement les dirigeants israéliens, palestiniens et jordaniens. La première sortie depuis son retour au Kremlin en mai, afin de défendre la position de Moscou sur les grandes crises de la région, en particulier celle qui agite la Syrie. À la première étape de son périple, à savoir Israël, Poutine a déclaré «le monde est toujours fragile et nous devons faire de notre mieux pour que les doctrines nazies criminelles, quelle que soit la forme qu’elles puissent prendre, restent du domaine du passé». Le président russe devait ensuite s’entretenir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant
de rencontrer, aujourd’hui, le président palestinien Mahmoud Abbas, en Cisjordanie, puis se rendre en Jordanie, où il sera reçu par le roi Abdallah II. La visite de Vladimir Poutine est principalement une mission diplomatique dans laquelle la crise en Syrie n’est nullement étrangère. Elle permettra de souligner «l’importance de cette région et elle est destinée à y renforcer la position de la Russie», a indiqué dimanche le principal conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Youri Ushakov. «La question syrienne et la situation autour de l’Iran» seront discutées «dans le détail», a-t-il déclaré. Moscou, faut-il le rappeler, s’oppose à la vision des pays occidentaux sur la solution à adopter pour stopper les violences en Syrie. Le Kremlin reste résolument opposé à des sanctions contre son allié à Damas. La Russie réfute également toute forme d’intervention extérieure dans ce pays. Moscou, qui a défendu la semaine dernière son droit à fournir des armes au régime d’Al Assad, va selon certains analystes tenter de déceler la répercussion de cette livraison d’armes sur les voisins directs de la Syrie. «La visite de Poutine est une façon de tâter le terrain autour de la Syrie et savoir ce que pensent Israël et la Jordanie au sujet de l’arrivée de bateaux russes» dans ce pays, a estimé Alexeï Malachenko, analyste politique à l’antenne moscovite du Centre Carnegie, relayé par l’agence de presse française AFP.Moscou, qui donnait l’impression d’avoir pris ses distances ces dernières semaines avec Al Assad, a nié jeudi toute inflexion de sa position, refusant de cautionner un plan de départ du président syrien. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré vendredi avoir signifié à son homologue syrien Walid al Mouallem que Damas devait faire «beaucoup plus» d’efforts pour mettre en œuvre le plan de l’émissaire international Kofi Annan, au cours d’une rencontre en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg.
R. I.
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