Alors que l’ONU craint un «conflit total» en Syrie
Merkel et Poutine favorables à une «solution politique»
Par Moumene Belghoul
La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a estimé que la Syrie risque un «conflit total» jugeant que le massacre de Houla «pourrait constituer un crime contre l’humanité». Un constat nuancé par l’ambassadeur de Syrie auprès de l’ONU, Faysal Khabbaz Hamoui, qui a accusé des groupes terroristes d’avoir tué les civils et a accusé les Etats-Unis et l’Union européenne de faire le jeu de certaines parties hostile à la Syrie comme Israël. L’inquiétude sur le sort de la Syrie est grandissante et le pessimisme gagne le monde au fur et à mesure que la situation se complique. La crise syrienne risque fort de dégénérer en un conflit total et l’avenir de ce pays et de la région dans son ensemble pourraient être en grave danger si une solution n’est pas trouvée incessamment. Outre l’ONU, plusieurs pays, dont des amis de la Syrie comme la Chine et le Venezuela, craignent une «guerre civile», seul scénario inéluctable à l’heure actuelle. Lors d’une session spéciale le Conseil des droits de l’Homme a discuté d’une demande, émise notamment par le Qatar, les Etats-Unis et la
Turquie, ainsi que de la commission d’enquête internationale sur une éventuelle «enquête spéciale exhaustive, indépendante et sans entrave» sur le massacre de Houla. Le massacre d’au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes dans cette ville près de Homs provoque toujours l’indignation. Un crime que Damas réfute accusant des «groupes terroristes» de vouloir créer le chaos pour le compte d’agendas étrangers. Une zone de non-droit est entrain de se créer près notamment, de la frontière libanaise compliquant une situation qui ne demande qu’à s’enflammer. De son côté, le représentant danois, a au nom de l’UE, souhaité que «la communauté internationale condamne sévèrement ces violations du droit international» et souhaité «une transition douce du régime». La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine ont affiché à Berlin leur unité sur une «solution politique» en Syrie où apparaissent des signes «précurseurs» de guerre civile, selon le dirigeant russe. Cependant, pour l’heure, l’option d’une transition douce du régime ne requière malheureusement pas beaucoup d’adeptes parmi les acteurs internes ou externes. Les appels pour que les coupables soient remis à la Cour pénale internationale (CPI) se font davantage entendre au milieu du chaos syrien. La représentante américaine a demandé la fin des «crimes horribles» et tient «le régime pour responsable». En dépit de l’entrée en vigueur le 12 avril du cessez-le-feu en vertu du plan de paix de l’émissaire de l’ONU et la Ligue arabe Kofi Annan, la crise continue à faire des dizaines de victimes tous les jours. La Syrie continue sa descente aux enfers.
M. B. /Agences
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