Conformément à l’accord du 12 août
Les troupes russes entament leur retrait de Géorgie
Par Moumene Belghoul
Moscou semble mettre en pratique l’accord de stabilité conclu à l’issue de la guerre qui l’a opposé à la Géorgie. La Russie doit retirer d’ici vendredi prochain ses troupes des «zones de sécurité» qu’elle a établies en dehors des régions séparatistes géorgiennes qui resteraient sous contrôle russe. Sur le terrain, les signes de détente étaient patents. Les Russes ont baissé hier en début d’après-midi le drapeau qui flottait au-dessus du poste de Nadarbazevi, symbole de leur présence dans cette zone située environ 50 kilomètres au nord-ouest de la capitale, Tbilissi. Cette dernière, à l’affût du moindre mouvement des soldats russes, décrit cette position comme un centre de communication et a assuré que Moscou avait promis de quitter totalement les lieux. Un autre poste russe, à Ali dans le secteur entourant l’Ossétie du Sud, avait également été totalement démantelé. Autre preuve de la détente : le retrait des forces russes d’une position à Zougdidi, dans la zone au sud de l’Abkhazie. Les mouvements russes en Georgie sont sous étroite observation des Occidentaux. Le 1er octobre, des centaines d’observateurs de l’Union européenne ont entamé leurs patrouilles en territoire géorgien. Objectif : s’assurer du respect par la Russie de l’accord dit du 12 août. L’accord stipule que Moscou devrait retirer ses forces de Géorgie, à l’exception, bien sûr, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie et ce, dans les dix jours suivant le déploiement des observateurs de l’UE. Selon les termes de l’accord, les Russes ont jusqu’à vendredi, date limite pour le retrait. Des responsables géorgiens et européens n’ont pas pu dire dans l’immédiat combien de positions russes au total devaient être démantelées pour satisfaire aux dispositions de l’accord. Après la guerre, la Russie avait déclaré qu’elle installerait au total 36 postes de contrôle dans les zones dites de sécurité. La guerre dans le Caucase a éclaté le 7 août quand les troupes géorgiennes avaient lancé une hasardeuse offensive dans le but de reprendre le contrôle de la région séparatiste d’Ossétie du Sud. En représailles, Moscou avait envoyé des forces armées qui avaient rapidement mis en déroute les militaires géorgiens et s’étaient enfoncées profondément en territoire géorgien dans l’objectif de «punir» les dirigeants de Tbilissi. La situation devenue explosive a entraîné une condamnation des Occidentaux qui avaient exhorté la Russie à respecter la souveraineté de la Georgie. Une atmosphère de guerre froide avait alors empreint les relations entre les Occidentaux et Moscou, faisant craindre le pire.
M. B.
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