Alors que le Hezbollah joue l’apaisement
La nomination d’un Premier ministre tient en haleine le Liban
Par Moumene Belghoul
Après l’élection du président de la République, le Liban poursuit la remise en marche de ses institutions. En vertu de la Constitution en vigueur, le président de la République nomme d’abord un chef de gouvernement. Ce dernier aura la charge de mener des consultations pour la composition du cabinet. Selon le système de partage du pouvoir au Liban, le président de la République doit être issu de la communauté maronite tandis que le Premier ministre doit être musulman sunnite. Le président du Parlement devrait, lui, être chiite.
Le général Michel Sleimane, un maronite, a été élu à la tête de l’Etat après une crise qui a duré dix-huit mois avec 118 voix des 127 députés. Cette élection n’a été réalisable que grâce à l’accord conclu le 18 mai à Doha entre la coalition majoritaire au Parlement et l’opposition.
La diplomatie qatarie de plus en plus offensive a joué un rôle considérable dans le début de réconciliation des frères ennemis. Dans un souci d’apaisement, le nouveau président Sleimane a appelé à l’unité des rangs pour concrétiser une «solide réconciliation» entre les différentes parties libanaises. Le désormais ex-Premier ministre Fouad Siniora va continuer de gérer les affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau chef de gouvernement qui sera d’unité nationale et qui aura comme première charge de mener le pays jusqu’aux législatives du printemps prochain. Dans les milieux politiques et médiatiques libanais, on susurre que la majorité a l’intention de proposer son leader et président du mouvement du Courant du futur, Saad Hariri, fils de l’ex-Premier ministre assassiné. De son côté, l’opposition aurait préparé une liste de candidats au poste de Premier ministre et pour occuper des portefeuilles ministériels. Des personnalités choisies notamment parmi la coalition du président du Parlement et l’un des piliers de l’opposition Nabih Berri et celle du général Michel Aoun.
Le choix des candidats aux différents postes augure une bataille acharnée. Cette dernière sera bien politique et non armée. Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’est engagé lundi dernier à ce que son parti n’utilise pas ses armes à des fins politiques. Lors d’un discours très apprécié à l’occasion du 8ème anniversaire du retrait israélien du Liban-Sud, il notera que «les armes de la résistance servent à combattre l’ennemi, libérer les terres et les prisonniers, et défendre le Liban et rien d’autre». «Mais, d’un autre côté, il ne faut pas utiliser les armes de l’Etat pour régler des comptes avec un groupe politique opposant ou pour le profit de parties étrangères», a-t-il fait remarquer, allusion aux derniers événements où des militants du Hezbollah ont été tués. Hassan Nasrallah a, en outre, affirmé que son mouvement ne voulait nullement du pouvoir au Liban. «Nous ne voulons pas du pouvoir au Liban, nous ne voulons pas contrôler le Liban et nous ne voulons pas gouverner le Liban», a déclaré le leader du Hezbollah à l’encontre de ceux qui accusent le parti d’hégémonisme. «Nous ne voulons pas imposer notre point de vue sur le peuple libanais car nous croyons que le Liban est un pays multiple et varié et que ce pays ne vivra qu’avec la participation de tous», a dit Nasrallah.
M. B.





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