Alors que sur le terrain la situation reste floue
Medvedev signe le plan de paix avec la Géorgie
Par Moumene Belghoul et Agences
Le président russe Dimitri Medvedev a signé hier le plan de paix avec la Géorgie, mais, sur le terrain, la situation reste floue. Les forces russes renforçaient encore leurs positions en territoire géorgien, accentuant leur menace sur Tbilissi. Hier, les blindés et les chars russes bloquaient toujours l’entrée principale de Gori, ville stratégique entre l’est et l’ouest de la Géorgie. Ces forces avaient quitté la cité géorgienne de Gori vendredi dernier, pénétrant davantage encore en territoire géorgien malgré les avancées sur le plan diplomatique. Le président russe a signé le plan en six points négocié par l’entremise de la France pour faire cesser les combats dans le Caucase. L’accord en question ne définit néanmoins aucune zone dans laquelle les troupes russes seraient autorisées à patrouiller en territoire géorgien. Des informations publiées dans les medias russes faisaient état d’un périmètre de 10 km qui aurait été fixé pour les patrouilles russes, dans le cadre de leur dispositif de sécurité. Les conditions dans lesquelles les forces russes assurent leur sécurité jusqu’à la mise en place d’un mécanisme international pour trouver une issue pérenne à la crise ont fait l’objet de précisions négociées entre Washington, Paris et Moscou. La Russie doit en principe entamer la mise en pratique du compromis par le retrait de ses troupes entrées en Géorgie. Sur le terrain, ce retrait ne semblait pas encore être effectif. La route reliant Tbilissi à Gori, où les forces russes avaient pris position, était ouverte à la circulation, mais la présence russe restait encore palpable.
Le ministère géorgien de l’Intérieur a indiqué que d’autres mouvements de troupes russes avaient été recensés à travers la Géorgie et que ces forces auraient pris position aussi à Katchouri et à Akhalgori. Les Russes se livreraient même à des pillages, accuse Tbilissi. Côté humanitaire, c’est également la confusion. Depuis vendredi dernier, de petits convois et des ambulances sont autorisés à entrer à Gori mais au compte-gouttes. Aucun chiffre sur le nombre des blessés et des morts n’est pour l’heure disponible. Deux avions de transport militaire américains étaient attendus à Tbilissi, tandis que deux autres étaient arrivés vendredi dans la capitale géorgienne. La Géorgie a accusé hier l’armée russe d’avoir fait sauter un pont ferroviaire stratégique, à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi, sur la ligne de chemins de fer reliant l’est à l’ouest géorgiens. A Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, le procureur général du territoire séparatiste a appelé la Géorgie à évacuer les corps de ses soldats morts en territoire ossète. La guerre des communiqués, elle, continue, imperturbable. L’armée russe a affirmé avoir mis la main sur plus de cent blindés géorgiens, dont 65 chars et cinq véhicules armés de missiles sol-air, dans «la zone de conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud».
La Russie de Medvedev se considère plus que jamais comme le seul «garant» de la sécurité dans le Caucase. Moscou estime être en droit de laisser à demeure ses «forces d’interposition» en Géorgie et a laissé entendre qu’elle n’y accepterait pas une forme d’internationalisation du conflit. L’armée russe est intervenue suite à la tentative manquée, le 7 août, des Géorgiens de reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud dont ils ne reconnaissent point le statut spécial.
M. B.





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