Tripoli : au moins 18 morts dont neuf soldats
L’armée, nouvelle cible des attentats au Liban
Par Moumene Belghoul et Agences
C’est l’un des attentats les plus sanglants ces dernières années au Liban. Au moins 18 personnes ont été tuées, dont neuf soldats et un enfant, et une quarantaine blessée dans l’explosion d’une bombe près d’un bus hier à Tripoli. L’attentat s’est produit à quelques heures de la visite en Syrie de Michel Sleimane, la première d’un président libanais depuis le retrait syrien du Liban en 2005.
La bombe a explosé le matin à proximité d’un bus civil avec des soldats parmi les passagers dans la rue commerçante des Massarif, en plein centre de Tripoli, la grande ville du nord du Liban. La rue où s’est produit l’attentat est distante d’environ 1,5 km du quartier de Bab Al Tebbaneh, lieu des affrontements confessionnels qui ont secoué récemment Tripoli et fait 23 morts. L’attentat survient au lendemain du vote de confiance accordé par le Parlement au gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement est le premier mis en place après une longue crise politique entre la majorité et l’opposition.
La crise avait dégénéré en mai et failli basculer dans une nouvelle guerre civile. Les combats à Tripoli, qui ont cessé fin juillet, avaient opposé des sunnites à des habitants appartenant à la communauté alaouite. L’armée dans son rôle tampon habituel avait ensuite dépêché des renforts dans les zones des affrontements, le
quartier alaouite de Jabal Mohsen et Bab Al Tebbaneh, à majorité sunnite. A Tripoli, l’antagonisme entre sunnites et alaouites remonte à la guerre civile où Bab Al Tebbaneh était un refuge pour des habitants de la ville syrienne de Homa persécutés par le régime de l’ancien président Hafez El Assad. La visite de Michel Sleimane à Damas vise à assainir les relations bilatérales, mises à mal par une tutelle syrienne de près de trois décennies. Michel Sleimane, ancien chef de l’armée, a été élu le 25 mai dernier après un accord conclu à Doha au Qatar le 21 mai entre la majorité parlementaire, soutenue par l’Occident et l’Arabie saoudite, et l’opposition, conduite par le Hezbollah. L’accord de Doha a mis fin à une crise politique qui avait paralysé les institutions libanaises pendant 18 mois et dégénéré en affrontements meurtriers. Les présidents Sleimane et Bachar El Assad, qui s’étaient rencontrés le mois dernier à Paris en marge de la réunion de l’Union pour la Méditerranée (UPM), doivent discuter de l’ouverture d’ambassades en Syrie et au Liban. Ce qui serait une première depuis l’indépendance des deux pays il y a plus de 60 ans.
La délimitation des frontières, la révision d’anciens accords, la question des détenus libanais en Syrie et celle des mouvements palestiniens présents au Liban sont les dossiers les plus chauds mettant aux prises les deux
pays voisins.
M. B.





Commentaires (0 envoyés):
Réagissez et insérer votre commentaire