Alors qu’au Conseil de sécurité de l’ONU les discussions piétinent
Moscou-Tbilissi : l’embrasement
Par Moumene Belghoul et Agences
La Géorgie a déclaré hier être en «état de guerre», accusant la Russie d’avoir bombardé son territoire. L’armée russe affirmant de son côté s’être emparée de Tskhinvali, la capitale de la république séparatiste géorgienne d’Ossétie du Sud. «La Géorgie est en état d’agression militaire totale : par la marine, l’aviation russes, avec des opérations de grande échelle sur le terrain», ont clamé les officiels géorgiens.
Cet état de guerre peut être assimilé à une loi martiale, a expliqué le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa. «Nous faisons face à une agression militaire de la Russie et décrétons la loi martiale», a souligné Lomaïa. L’armée russe a déclaré avoir complètement «libéré Tskhinvali des forces militaires géorgiennes», dans la république russe d’Ossétie du Nord. Le chef du gouvernement pro-russe d’Ossétie du Sud, Iouri Morozov, a confirmé la «libération totale» de la ville, centre des combats, «avec le soutien des forces spéciales de l’armée russe». Le président Dmitri Medvedev avait, quelques heures auparavant, fait savoir qu’une opération militaire des forces russes était en cours pour venir en aide aux «citoyens de la fédération».
Les bombardements par l’aviation russe de la ville de Gori, dans le nord de la Géorgie, se sont intensifiés. Les forces aériennes russes ont élargi le front des combats en dévastant «complètement le port de Poti sur la mer Noire», site clé pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne vers l’Europe. L’armée russe, qui semble vouloir «donner une leçon» à la Géorgie, a reconnu la perte de deux avions de combat, et démenti que ses appareils aient visé des «populations civiles en Géorgie», comme affirmé par Tbilissi. Cette dernière a affirmé, de son côté, avoir abattu au moins six avions russes. Les accusations fusent des deux côtés. Mille six cents personnes ont été tuées à Tskhinvali à la suite de l’offensive géorgienne, a affirmé une responsable de ce territoire séparatiste de Géorgie. Les Géorgiens démentent catégoriquement le bilan. Saakachvili parlera de
«mensonges flagrants» : il n’y a «pratiquement pas de civils tués», a-t-il martelé à l’adresse des médias. Des milliers d’habitants d’Ossétie du Sud ont été blessés, toujours d’après les autorités séparatistes. Et plus de
30 000 personnes auraient fui l’Ossétie du Sud devant l’intensité des combats, franchissant la frontière avec la Russie.
D’un autre côté, l’ensemble des 2 000 hommes du contingent géorgien se prépare à quitter l’Irak d’ici trois jours, a annoncé Tbilissi. La Géorgie voulant alerter les Etats-Unis sur sa situation de conflit avec Moscou. Le président américain George W. Bush devait faire à Pékin, où il se trouve, une déclaration sur la guerre en gestation en Ossétie du Sud.
M. B.





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