Le président Abbas rencontre un Olmert démissionnaire
De vains pourparlers pour les Palestiniens
Par la Rédaction internationale
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert rencontrait hier à El Qods occupée le président palestinien Mahmoud Abbas pour parler d’un processus de paix dans l’impasse. Cette rencontre est la première depuis qu’Olmert, soupçonné dans plusieurs affaires de corruption, a fait part la semaine dernière de sa décision de quitter ses fonctions de Premier ministre dès que des élections primaires, prévues le 17 septembre, auront désigné son successeur à la tête du Kadima, le parti centriste au pouvoir. Vendredi dernier, Olmert doit, pour la cinquième fois, être interrogé par la police. Abbas et Olmert, extrêmement affaiblis, devaient discuter autour d’un déjeuner de travail, en présence de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et de l’ancien Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï.
Mme Livni et Qoreï se sont rencontrés fin juillet à Washington. Selon un des négociateurs palestiniens, Saëb Erakat, Abbas devrait notamment demander la libération de trois responsables palestiniens emprisonnés en Israël : Marwan Barghouthi, le chef charismatique du Fatah, Aziz Doweik, ancien chef du Parlement palestinien et membre du Hamas, et Ahmed Saadat, chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Considéré comme l’un des principaux inspirateurs de l’Intifadha ayant débuté en septembre 2000, Marwan Barghouthi a été arrêté en avril 2002 puis condamné en juin 2004 à cinq peines de prison à vie par un tribunal israélien. Ahmed Saadat, député au Conseil législatif palestinien (Parlement) a, lui, été arrêté en mars par l’armée israélienne lors de la prise d’assaut de la prison d’Ariha, en Cisjordanie, où il était détenu. Quant à Aziz Doweik, élu président du Conseil législatif palestinien en février 2006 après la victoire électorale du Hamas, il a été emprisonné en juin 2006 après une vaste répression de l’armée israélienne contre son mouvement en Cisjordanie. Les discussions doivent aussi porter sur le statut final des territoires palestiniens ainsi que sur les barrages routiers de l’armée israélienne en Cisjordanie et enfin le bouclage de cette région. Abbas et Olmert se sont engagés en novembre dernier, lors de la réunion internationale d’Annapolis, à tenter de parvenir à un accord cette année, avant la fin du mandat du président américain Bush. Mais l’annonce de la prochaine démission du chef du gouvernement israélien a porté un coup dur aux négociations déjà dans l’impasse. Si, officiellement, l’Autorité palestinienne affirme que les déboires d’Olmert sont une «affaire interne» à Israël, elle s’inquiète de sa succession, en espérant que Mme Livni, qui mène actuellement les négociations, remporte la course. L’autre prétendant possédant de grandes chances de parvenir à la tête du parti au pouvoir, le ministre des Transports Shaul Mofaz, est un anti-palestinien connu pour son extrémisme. Mofaz a officiellement annoncé mardi soir sa candidature aux primaires en soulignant ses compétences en matière de sécurité et son expérience en tant qu’ancien chef d’état-major et ancien ministre de la Défense.
R. I.





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