A six mois de la fin de son mandat à la tête des Etats-Unis
George W. Bush : l’ère du pragmatisme au Proche-Orient ?
Par Moumene Belghoul
La Maison-Blanche a accepté en quelques jours ce qui représentait pourtant une ligne rouge pour sa politique au Proche-Orient. Notamment pour deux des plus grands dossiers : l’Irak et l’Iran, dans une région stratégique illustrant à elle seule l’évolution de sa politique à la fin de son dernier mandat. Samedi dernier, un haut diplomate américain s’est assis à la table des négociations avec les Iraniens, sans que ces derniers se soumettent au à la décision de suspendre leurs activités nucléaires. Mieux, les Etats-Unis envisagent même à présent l’envoi de personnel diplomatique à Téhéran pour tenir une «section d’intérêts». Pour l’Irak, George W. Bush a accepté l’idée d’un «horizon» au-delà duquel les troupes de combat américaines auraient quitté l’Irak. Une évolution certaine pour un président américain qui s’est toujours opposé à fixer une date de retrait de l’imbroglio irakien. L’administration Bush, décriée pour son unilatéralisme dans ses premières années, poursuit là un mouvement certain qui l’a ramenée à la table des discussions nucléaires avec un autre ennemi et membre de «l’axe du mal», la Corée du Nord. Il semblerait que d’ici au 20 janvier 2009, date officielle de la fin de son mandat, l’actuel président américain veut établir un partenariat à long terme entre les Etats-Unis et l’Irak. Et pour cela, il doit composer avec les pressions exercées en Irak sur son allié, le Premier ministre Nouri Al Maliki. Pour les analystes et observateurs les plus avertis, ce nouveau «pragmatisme» aurait de multiples raisons : «la reconnaissance des échecs passés, le souci chez le Président de ce qu’il laissera à son successeur et de son image dans les livres d’histoire».
Des signes allant dans ce sens ? La prééminence prise par Condoleezza Rice sur les néo-conservateurs et le remplacement à la Défense de Donald Rumsfeld par Robert Gates. Sur le dossier iranien, l’étape genevoise ne semble pas avoir apporté du nouveau bien que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ait qualifié la rencontre de «pas en avant» alors qu’il reste deux semaines à Téhéran pour répondre à l’offre des grandes puissances et éviter d’éventuelles nouvelles sanctions. Malgré la présence inédite du sous-secrétaire d’Etat William Burns, ces discussions ne semblent pas avoir permis une réelle évolution.
Les grandes puissances attendaient la réponse de l’Iran sur l’idée d’un «gel pour gel», selon laquelle les Iraniens accepteraient dans un premier temps de maintenir l’enrichissement de l’uranium à son niveau actuel en échange du renoncement des Six à durcir les sanctions déjà existantes. Parler de revirement des Etats-Unis reste prématuré. Washington a demandé à l’Iran de faire un choix clair entre «coopération» et «confrontation». Cela augure de nouvelles sanctions contre Téhéran.
M. B.
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