Nucléaire iranien
Les relations Téhéran-Washington à l’épreuve de la rencontre de Genève
Par Moumene Belghoul
Le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, et le négociateur iranien, Saïd Jalili, ont entamé hier à Genève une réunion considérée comme inédite avec l’espoir sans cesse ressassé que la présence d’un haut diplomate américain, William Burns en l’occurrence, permette de dépasser la «guerre froide» prévalant entre Washington et Téhéran. La présence de Burns, numéro trois du département d’Etat, confère en effet une importance singulière à ces discussions. M. Solana mène au nom de six grandes puissances, depuis juin 2006, des discussions avec les responsables iraniens sur les activités nucléaires de l’Iran devenues par la volonté des Occidentaux et d’Israël un sujet géopolitique et médiatique de première importance. Pour les medias internationaux, la participation de l’officiel américain marque un revirement spectaculaire de Washington vis-à-vis de l’Iran. Les Américains, qui ont rompu les relations diplomatiques avec Téhéran en 1980 avec la révolution khomeyniste, avaient toujours exigé la suspension des activités d’enrichissement de l’uranium de l’Iran avant d’accepter de participer à toutes négociations multilatérales avec Téhéran. Hier, à Genève, les discussions ont eu lieu dans la salle de l’Alabama de l’hôtel de ville de Genève. Un lieu historique où fut signée le 22 août 1864 la fameuse Convention de Genève, acte fondateur du Comité international de la Croix-Rouge. Bien que l’Américain ait déclaré être venu «écouter, pas négocier», sa présence constitue immanquablement une évolution certaine dans la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. Soulignant que la présence de William Burns constituait «un signal fort de l’engagement américain en faveur d’une solution négociée» et vu les réactions jugées «positives» des Iraniens, les diplomates présents à Genève entretiennent l’espoir d’un revirement dans les relations tumultueuses entre Washington et Téhéran.
A Téhéran, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a insisté sur l’étape genevoise et espéré que les discussions permettront de définir «le cadre de négociations» futures pour mettre fin à la crise qui dure et qui risque de dégénérer en déflagration militaire dans une région des plus fragiles. Côté Nations unies, quatre résolutions du Conseil de sécurité, dont trois assorties de sanctions, touchent l’Iran l’enjoignant de cesser toutes ses activités nucléaires considérées comme douteuses par les Occidentaux. Mais l’Iran, faisant face aux campagnes de pressions récurrentes aux relents politiques, assure que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques et à des besoins énergétiques. Téhéran a aussi rejeté une offre de «coopération politique et économique» présentée par Javier Solana au nom des «Six» en juin 2006. Une proposition considérée par les Iraniens comme ambiguë et non dénuée d’arrière-pensées anti-iraniennes. La rencontre de Genève pourrait donc constituer un début de changement de la politique américaine à l’encontre de l’Iran. Bien que l’actuelle administration vive ses derniers mois à la Maison-Blanche, un réajustement dans le traitement du dossier iranien pour des contingences liées à l’Irak voisin n’est pas à écarter.
M. B.
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- BREF
- Pétrole- prix : le ministre de l’Energie et des Mines et président de l’PEP a affirmé à Tunis que d’importantes décisions seront probablement prises lors de la réunion d’Oran, en décembre prochain, pour stabiliser le marché pétrolier.







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