L’armée américaine évoque des progrès en matière de sécurité en Irak
Le Koweït nomme son ambassadeur à Baghdad
Par Anis Djaad et Agences
Le Koweït a nommé son premier ambassadeur en Irak depuis la guerre du Golfe, en 1991, un tournant majeur vers la réconciliation et un rapprochement entre les deux pays. Selon le ministre des Affaires étrangères koweïtien, cité par l’agence de presse officielle koweïtienne, le général à la retraite, Ali El Moumen, ancien chef d’état-major de l’armée, a été choisi pour le poste. Sa nomination sera officialisée par un décret de l’émir du Koweït, précise l’agence.
Cet Etat avait cadenassé son ambassade en Irak, en 1990, après l’invasion du petit émirat par les troupes de Saddam Hussein, une attaque à l’origine du déclenchement de la guerre du Golfe. Les deux pays n’ont plus eu de contacts diplomatiques pendant plus d’une dizaine d’années, et n’ont renoué des liens qu’après la chute de Saddam Hussein en 2003. Une ambassade irakienne a ainsi rouvert au Koweït, avec à sa tête un chargé d’affaires. Cet émirat s’était, toutefois, abstenu de rouvrir son ambassade à Baghdad, parlant de questions de sécurité. Des diplomates du Bahreïn, de Turquie, des Emirats arabes unis et d’autres pays musulmans ont été tués, blessés ou enlevés, en Irak, depuis 2003. La branche d’Al Qaïda en Irak a sommé les Etats arabes de ne pas rouvrir leurs ambassades à Baghdad en raison de la collaboration entre le gouvernement irakien et l’armée américaine. Mais, selon Baghdad et Washington, les violences ont reculé de 70%, en Irak, depuis un an, et aucune attaque contre une mission diplomatique n’a eu lieu dans le pays depuis plusieurs années. Il y a une semaine, le Koweït a annoncé que la situation sécuritaire s’était suffisamment améliorée pour qu’il puisse, enfin, nommer un ambassadeur. Par ailleurs, le commandant en chef des forces armées américaines a annoncé qu’il escomptait recommander au début de l’automne de nouvelles réductions des effectifs militaires en Irak, si la tendance au recul des violences se maintient. L’amiral Mike Mullen, chef de l’état-major interarmes, s’est dit impressionné par l’ampleur des progrès qu’il a constatés en matière de sécurité lors d’une visite en Irak, à Sadr City, immense quartier chiite de Baghdad, ou à Mossoul, dans le nord du pays. «Je n’irai pas jusqu’à dire que les progrès en Irak, dans une perspective militaire, ont renversé la donne ni qu’ils sont irréversibles […]. Mais la sécurité s’est irréfutablement et remarquablement améliorée», a-t-il dit lors d’un briefing au Pentagone avec le secrétaire à la Défense, Robert Gates. «En fait, si cette tendance se poursuit, je pense être en mesure de recommander au début de l’automne au secrétaire [Gates] et au président [George Bush] de nouvelles réductions d’effectifs», a-t-il ajouté. Toujours sur le plan sécuritaire, la province chiite de Diwaniyah est passée, mercredi dernier, sous le contrôle de l’armée irakienne, devenant ainsi la 10e des 18 régions d’Irak que les forces américaines confient aux Irakiens. «Nous recevons la gestion de la sécurité. Ce jour représente un nouveau chapitre dans une série de succès qui montrent la capacité et la force des forces irakiennes», a déclaré un vice-président du Parlement irakien, Khaled Al Attiya, au cours d’une cérémonie à Diwaniyah, la capitale régionale.
Dans un communiqué commun, l’ambassadeur des Etats-Unis à Baghdad, Ryan Crocker, et le commandant en chef des forces américaines et alliées en Irak, le général David Petraeus, ont affirmé que ce transfert reflétait la situation dans la province. «Ces deux derniers mois, les forces de sécurité irakiennes à Qadissiya [l’ancien nom de la province] ont opéré seules et ont démontré qu’elles étaient prêtes à assumer leurs responsabilités en matière de sécurité dans la province», indique le communiqué. Mais celui-ci insiste sur la nécessité que les directions provinciale et militaire coopèrent «pour atteindre le niveau de sécurité nécessaire à une prospérité économique à long terme». Le conseiller pour la sécurité nationale du gouvernement irakien, Mouaffak
Al Roubaïe, a estimé que l’administration locale devait, désormais, se concentrer sur la reconstruction de la province.
En mai dernier, le général David Petraeus avait estimé que le transfert du contrôle de la sécurité pour toutes les provinces ne serait pas achevé à la fin de l’année. L’armée irakienne et les unités américaines ont encore fort à faire, notamment dans les provinces de Diyala ou de Ninive (dont Mossoul est la capitale) où les insurgés et le réseau Al Qaïda sont très implantés et les attentats quasi quotidiens. Diwaniyah avait été le théâtre de combats sanglants entre les deux puissantes milices chiites, l’Armée du Mahdi du chef radical Moqtada Sadr, et celle du chef conservateur, Abdel Aziz Hakim, un des principaux soutiens du Premier ministre, Nouri El Maliki.
A. D.
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