Sous la houlette de la présidence française
Paris présente à l’UE son plan anti-émigrants clandestins
Par Ghada Hamrouche
La présidence française de l’Union européenne (UE) peindra vraisemblablement le vieux continent de la politique «sarkozienne». Après avoir fermé la porte de la France au nez des candidats à l’émigration, le ministre français de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, Bricer Hortefeux, a sillonné l’Europe pour rallier ses partenaires européens à la politique française. Une politique qui, faut-il le relever, n’a pas été, dans sa première mouture, du goût des voisins du Sud, en l’occurrence l’Espagne. C’est donc avec une copie revue et corrigée sous la pression espagnole que les Français feront découvrir aujourd’hui à leurs pairs européens le projet de «pacte d’immigration». Elaboré par la France, ce projet vise à donner à l’UE les moyens d’endiguer les flux de migrants non choisis.
La France, dont le président a fait de ce sujet un de ses chevaux de bataille lors de sa campagne présidentielle, en fait aujourd’hui l’une des priorités de sa présidence de l’UE amorcée le 1er juillet. Un projet qui sera soumis aux ministres européens de l’Intérieur lors des réunions d’aujourd’hui et demain à Cannes dans le sud de la France. Lors de la visite de M. Hortefeux en Espagne, Madrid avait refroidi les ardeurs françaises en imposant une révision de certaines dispositions du projet du pacte. L’idée d’un «contrat d’intégration» et ses obligations, une des dispositions les plus controversées du plan initia français, a ainsi été retirée de la version en date du 16 juin à la demande de l’Espagne.
Brice Hortefeux a affirmé que cette idée n’était qu’un «point mineur» de son plan, et assuré ne pas être affecté par sa suppression.
Les corrections espagnoles ne se sont pas limitées à cela. Le gouvernement socialiste de Zapatero a également obligé les Français à plier sur les régularisations que Paris voulait prohiber. La France voulait, par cette disposition, mettre une terme aux régularisations massives pratiquées ces dernières années par les gouvernements italien et espagnol et condamnait ces initiatives soupçonnées de produire «un appel d’air» pour l’immigration. Une condamnation disparue sous la pression de Madrid et la version définitive du projet de Pacte européen sur l’immigration et l’asile ne serait, apparemment, guère différente des propositions beaucoup plus modérées présentées fin juin par la Commission européenne.
Le projet reste néanmoins imprégné de la conception d’immigration «choisie» chère au président français Nicolas Sarkozy. Il tend à durcir la politique européenne sur l’immigration, tout en mettant en place des règles communes entre les 27 pays membres de l’UE en matière d’asile.
Le texte entend notamment privilégier l’immigration de travail, réguler l’immigration familiale et lutter contre les clandestins en renforçant les contrôles aux frontières de l’UE et en facilitant le renvoi de ceux qui ont réussi à passer entre les mailles du filet. M. Hortefeux va pouvoir s’appuyer sur la législation européenne, à savoir la «directive retour» adoptée fin juin, pour faire passer le projet français. Une directive, faut-il le rappeler, qui a suscité un tollé en Amérique latine car nombre des sans-papiers visés par la nouvelle loi sont originaires des pays de ce continent.
L’indignation en Amérique latine invite certains responsables européens à appeler à la prudence avant d’accepter le projet français. A noter qu’en Europe même les détracteurs du plan français parlent de «bunker européen» et se disent choqués par le concept d’«immigration choisie».
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a, pour sa part, mis en garde l’UE contre un durcissement de sa politique migratoire qui se ferait aux dépens des droits des réfugiés.
G. H.
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bravo les fennecs, bravo à toute l'algérie




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