Au moment de l’annonce des résultats partiels de la présidentielle et des provinciales
L’Afghanistan secoué par un attentat qui a fait 43 morts et 65 blessés civils
Par Lyes Menacer
Au moins 43 personnes ont été tuées et 65 autres blessées dans un attentat à la voiture piégée mardi soir à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, selon le bilan fourni par le ministère de l’Intérieur hier. Les victimes sont toutes des civils qui ont été surpris au moment de la rupture du jeûne, selon des sources locales. «43 citoyens afghans innocents ont été tués et 65 blessés dans la violente explosion d’une voiture piégée dans le 2ème district de Kandahar», a indiqué le ministère dans un communiqué. «C’était un camion piégé et en tout 40 à 41 personnes ont péri et au moins 65 ont été blessées», a déclaré mercredi à l’AFP le général Ghulam Ali Wahdat, chef de la police pour le Sud. Une enquête a été ouverte pour déterminer s’il s’agissait d’un attentat kamikaze. L’explosion a eu lieu aux environs de 19h00, heure locale, près d’un grand complexe comprenant des immeubles administratifs, un hôtel et des magasins, au niveau d’une rue très passante du centre-ville. Le ministère a précisé que «l’hôtel et 12 maisons ont été totalement détruits par cette explosion» selon les témoins, rapportent plusieurs médias. La forte déflagration a endommagé des immeubles sur un rayon d’un kilomètre. Des recherches pour tenter de trouver des survivants sous les décombres se sont poursuivies pendant toute la journée et la nuit d’hier. Les forces de sécurité afghanes et celles de l’OTAN ont été mises à contribution lors de ces recherches. Accusés par le général Ghulam Ali Wahdat d’être derrière cette boucherie, les talibans ont nié en bloc leur implication. «Nous ne sommes pas responsables de l’explosion à Kandahar. Ce n’est pas notre œuvre. Nous condamnons fermement cette attaque»,
a déclaré Yousuf Ahmadi, un porte-parole habituel des talibans, cité par l’AFP. La province de Kandahar est considérée comme le fief des talibans qui en ont fait leur capitale lorsqu’ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001. Pour sa part, Ahmad Wali Karzai, chef du conseil provincial de Kandahar et frère du président afghan Hamid Karzai, a accusé les talibans d’être derrière ce carnage dans lequel a péri un collaborateur du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Cet attentat, le plus meurtrier en Afghanistan depuis l’attaque suicide qui avait visé l’ambassade de l’Inde à Kaboul, le 7 juillet 2008, où 60 personnes avaient péri, a eu lieu deux jours après l’annonce des résultats partiels du scrutin présidentiel et provincial de jeudi dernier. Ces premiers résultats, portant sur moins de 10% des suffrages exprimés, ont donné M. Karzai, qui est originaire de la province de Kandahar, et son principal rival, l’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, au coude-à-coude, avec un léger avantage pour le sortant. La participation a été très faible à Kandahar, touchée par une vingtaine de roquettes à la veille du scrutin.
L. M.
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