Le secrétaire général de l’ONU en Birmanie pour des discussions avec la junte militaire
Ban Ki-moon demande la libération de tous les prisonniers politiques
Par Lyes Menacer
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est rendu hier en Birmanie pour s’entretenir pendant deux jours avec le numéro un de la junte militaire, le général Than Shwe. L’objet de ces entretiens, qualifié par Ban Ki-moon de «difficiles», est l’obtention de la libération de l’opposante Aung San Suu Kyi, incarcérée depuis le 14 mai dernier à la prison d’Insein (nord de Rangoun) pour la violation supposée des règles de son assignation à résidence (depuis 13 ans) en recevant un Américain, rapportent plusieurs médias. «L’un de mes objectifs est d’obtenir la libération de […] d’Aung San Suu Kyi», a-t-il déclaré peu avant de s’envoler vers Naypyidaw, la capitale administrative installée au milieu de la jungle, pour y rencontrer le chef de la junte Than Shwe. La libération des autres prisonniers politiques focalisera aussi ces entretiens. L’envoyé spécial des Nations unies Ibrahim Gambari s’était déjà rendu en Birmanie, vers la fin du mois de juin dernier, pour préparer le terrain à cette visite du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. «C’est la deuxième fois que je viens en Birmanie et je suis très content de poursuivre nos discussions», a déclaré M. Ban dans son discours d’ouverture. «J’apprécie votre engagement à faire progresser votre pays […] Je souhaiterais […] que l’on travaille en coopération pour la paix et la prospérité», a-t-il ajouté. A son arrivée en Birmanie, le secrétaire général de l’ONU a émis le vœu, dans une déclaration à la presse, de rencontrer Aung San Suu Kyi, 64 ans, secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et prix Nobel de la paix. Cette dame qui gêne le régime militaire birman, avec son engagement pour les droits de l’Homme dans son pays et en faveur de l’instauration d’un régime démocratique, risque d’écoper de cinq ans de prison. Devant la multiplication des réactions internationales et des organisations de défense des droits de l’Homme dénonçant les pratiques despotiques de la junte birmane, son jugement a été reporté pour la seconde fois pour le 10 juillet prochain, selon un porte-parole de la LND, le parti de Mme Suu Kyi, cité par l’AFP. L’audition d’un témoin devait avoir lieu, en effet, durant la journée d’hier qui a coïncidé avec la visite de Ban Ki-moon. «Daw Aung San Suu Kyi a comparu ce matin, mais le tribunal a affirmé que le dossier n’avait pas été transmis par la Cour suprême et que le procès était ajourné au 10 juillet», a-t-il dit. «Pour la énième fois, l’ONU a poliment demandé la libération de Aung San Suu Kyi, mais une libération qui se traduirait en fait par un retour en assignation à résidence serait un échec patent», avait estimé jeudi l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch.
L. M.




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