Rapport accablant d’amnesty International contre Israël
«Opération plomb durci : 22 jours de mort et de destruction à Gaza»
Par Lyes Menacer
Trois jours après la publication par le Haut Conseil aux réfugiés de l’ONU (CICR) de son rapport «Gaza : 1,5 million de personnes en proie au désespoir», l’organisation non gouvernementale Amnesty International vient de rendre public à son tour un rapport qui accable les autorités israéliennes pour les massacres commis en décembre et en janvier dernier dans la bande de Ghaza.
Le rapport intitulé «Opération plomb durci : 22 jours de morts et de destruction à Gaza» accuse directement Israël d’avoir «violé les lois humanitaires
internationales» et confirme le bilan de 1400 Palestiniens tués et plus de 5 000 blessés dans une agression qui a transformé la bande de Ghaza complètement en ruines. Plus de 2 700 bâtiments ont été en fait détruits par les attaques de l’aviation et les obus des troupes terrestres de l’armée du Tsahal, détaille ce rapport de 117 pages, considéré comme la première étude approfondie de cette agression. Amnesty international s’est montrée sans complaisance contre l’Etat hébreu en l’accusant d’être le seul responsable de la «mort de centaines de civils désarmés, dont 300 enfants, 115 femmes et
85 hommes âgés de plus de 50 ans». L’armée israélienne n’a pas «distingué entre cibles civiles et militaires», a ajouté le rapport en question. Ce rapport d’Amnesty International constitue un démenti à tout ce qui avait été colporté durant les trois semaines qu’a duré l’«opération plomb durci», comme accusations contre le Hamas et les autres factions militantes palestiniennes. L’ONG a été directe dans son accusation des soldats israéliens qui, selon elle, se sont servis de civils, y compris d’enfants, comme «boucliers humains» en les forçant à rester à proximité de positions qu’ils occupaient ou même de les avoir obligés à examiner des objets suspects risquant d’être piégés.
Les enquêteurs de cette organisation basée à Londres ont confirmé les accusations portées contre Israël au sujet de l’usage du phosphore blanc dans des zones à forte densité de populations civiles lors des attaques menées contre des gazaouis, rendant ainsi caduques les justifications israéliennes consistant à dire que «toutes les armes utilisées étaient conformes au droit international et à l’usage qu’en font les armées occidentales». L’armée israélienne a eu aussi recours aux tirs d’artillerie et d’obus à fléchettes, en plus des armes de haute précision comme les missiles air-sol et les bombes guidées. Si le Hamas est accusé aussi par Amnesty de procéder à des tirs de roquettes contre les villages au nord de Ghaza, zone frontalière avec les villages israéliens, cela ne détournera pas le regard de la communauté internationale du massacre commis contre des Palestiniens vivant sous blocus depuis plus de deux ans. Et c’est ce que confirme le rapport du CICR en évoquant la situation des populations civiles six mois après l’attaque sur Ghaza.
Le rapport du CICR affirme que «six mois après qu’Israël a lancé son opération militaire de trois semaines à Ghaza le 27 décembre 2008, les Gazaouis ne peuvent toujours pas reconstruire leur vie. La plupart d’entre eux ont du mal à joindre les deux bouts. Les patients gravement malades ont de la difficulté à obtenir le traitement dont ils ont besoin. Nombre d’enfants souffrent de problèmes psychologiques graves. Les civils dont les foyers et les biens ont été détruits durant le conflit n’arrivent pas à se relever».
Ces affirmations ont été confortées par les déclarations de l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, qui avait effectué à la mi-juin dernier une tournée régionale dans le proche-Orient.
Jimmy Carter avait, rappelons-le, dénoncé le drame humain dans lequel vivent les Palestiniens à Ghaza et a appelé l’Etat israélien à lever son blocus et laisser passer l’aide humanitaire en urgence. Devant cet état de fait, Amnesty a appelé la communauté internationale à «soutenir sans réserve la mission» du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU consistant à recueillir des témoignages, lors de séances d’auditions publiques, des survivants palestiniens pris en otages à Ghaza.
Les premières auditions ont annoncé déjà la couleur sur ce qui avait été commis par Israël, lequel a refusé de collaborer à l’enquête d’Amnesty, soulignant qu’à ce jour, les autorités juives «se sont abstenues de mener une enquête indépendante et impartiale sur la conduite de leurs forces». Toujours dans le cadre de cette enquête, Amnesty International a exhorté les Etats partout dans le monde à engager des poursuites judiciaires pour «crimes de guerre» et d’«arrêter leurs auteurs suspectés».
L. M.
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