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Financement de la recherche en Algérie

La nécessaire implication des entreprises

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Photo : S. Zoheïr

Par Amirouche Yazid

L’attente est énorme tellement le domaine de la recherche a été abandonné. La recherche scientifique est un vocable qui peine à exister réellement en Algérie. Jusqu’à présent, elle est découplée de l’essentiel : une politique de recherche. Sans une véritable politique de recherche, l’Algérie se contente de quelques initiatives de recherche lancées par des équipes restreintes de scientifiques. Le chiffre est effarant : 40 000 chercheurs algériens sont à l’étranger. C’est à ce niveau que se situe le grand défi de la prochaine mandature présidentielle. Que faire pour rapatrier l’élite algérienne établie à l’étranger ? Réunir les conditions propices pour les chercheurs. Il s’agit, entre autres, des moyens financiers et d’un environnement direct favorisant le savoir dans toutes ses dimensions. Nous avons assisté durant l’année 2008 à plusieurs professions de foi de la part de hauts responsables de l’Etat annonçant une nouvelle ère dans le secteur. Mais rien n’a été fait dans le réel. Et à mesure que les années passent, l’incapacité à faire revenir ceux exerçant ailleurs se conjugue désormais avec la volonté de partir chez ceux qui exercent encore en Algérie. La double mission est
manifestement dure à accomplir. Elle exige une sorte de révolution dans les mœurs de l’université. Les laboratoires de recherche ne répondent plus aux normes internationales en perpétuelle évolution à l’ère des nouvelles technologies. Les salaires des universitaires et des chercheurs frisent le ridicule. La valeur du budget alloué annuellement par l’Etat au secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique justifie toutes les hésitations.
Le budget ne représente pas plus de 1% du PIB. La statistique renseigne le mieux sur les vraies visées des pouvoirs publics quant à une valorisation de l’élite nationale. S’il est vrai que l’amélioration de l’environnement de travail des chercheurs ne peut être réalisée au détour d’une loi, il n’en demeure pas moins que le gouvernement est responsable de la question des salaires des enseignants-chercheurs. Pourtant, les universitaires ne revendiquent que la valorisation de leur statut. Face à leur récurrente demande, la tutelle a toujours privilégié «la fuite en avant». Il est très frappant à, cet effet, de remarquer que les pouvoirs publics sont visiblement plus attentifs à la menace de démission d’un président de club qu’à un préavis de grève lancé par les enseignants de l’université. La démission est totale si bien que l’université semble se déconnecter des autres univers avec lesquels elle devrait coopérer selon des normes bien définies.
La parade serait, selon des universitaires, d’impliquer dans le futur proche les entreprises industrielles dans le financement de la recherche. «C’est en encourageant l’investissement dans l’économie d’entreprise par diverses formes d’incitation que l’unité de production ou l’atelier d’usinage sentira, dans un marché où la concurrence est naturellement une règle, la nécessité du renouvellement des connaissances et l’impératif de l’innovation». Un professeur a soutenu récemment que «les nouvelles technologies de l’information imposées par la mondialisation sont indispensables à l’enseignant s’il veut rester dans la course».
D’où la nécessité, pour les enseignants, d’acquérir deux types de compétence : d’abord la connaissance de ces technologies, ensuite leur application sur le terrain. Pour cela, l’implication des entreprises, publiques et privées, est nécessaire.   

A. Y.

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