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éducation nationale et formation professionnelle

Favoriser le débat pour un enseignement de qualité

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Photo : Riad

Par Karima Mokrani

La famille éducative aspire à un changement profond qui serait à même de relever le niveau d’instruction en Algérie, avec ce que cela nécessite comme éveil de conscience et participation active de la nouvelle génération d’élèves mais aussi des enseignants dans la vie publique de tous les jours. L’attente est très ambitieuse et la responsabilité d’y répondre du nouveau chef de l’Etat est très lourde. La tâche n’est pas facile. Car, même si les responsables du secteur se targuent des «bons» résultats d’une réforme «bien étudiée» et «bien managée», ayant mobilisé tout un ensemble de moyens humains et matériels pour «sortir l’école du sinistre», des problèmes persistent. Des problèmes de fond plus que de forme.
En effet, d’aucuns ne peuvent nier les efforts du gouvernement dans la construction de nouvelles structures éducatives, le recrutement des enseignants, la production des manuels scolaires, le renforcement du transport, la restauration… Des investissements qui promettent d’améliorer les conditions de travail pour les deux partenaires : élèves et enseignants. La mise en œuvre de la nouvelle méthode d’enseignement, en l’occurrence «l’approche par compétences», favorisée par la large utilisation de l’outil informatique dans les établissements des trois paliers, semble accrocher davantage les élèves. Le langage on ne peut plus riche de ces bambins qui arrivent à s’intéresser à des sujets multiples de l’actualité du jour, maîtrisant mieux que les adultes le maniement des pages web, renseigne sur leur disposition à évoluer dans de nouveaux espaces. Il n’en demeure pas moins que le chemin à parcourir pour arriver à bon port est parsemé d’embûches. Les grèves à répétition, auxquelles ont appelé des organisations syndicales qui refusent de se taire devant la dégradation de la situation socioprofessionnelle du corps enseignant, ajoutées aux difficultés des nouveaux bacheliers à suivre des études universitaires, sans compter le sempiternel problème de surcharge des classes, qui pénalise lourdement la mission de l’enseignant, sont autant de signes latents d’une crise qui couve dans le secteur de l’éducation nationale. Même constat dans celui de la formation professionnelle, déployé pour répondre aux besoins des «recalés» du système éducatif et aider à leur insertion socioprofessionnelle. Les réformes dans les deux secteurs demandent un traitement individualisé et une application profonde et sérieuse dans le processus de développement. Cela ne saurait être possible dans des classes surchargées. La situation est d’autant plus critique que la majeure partie des enseignants des deux secteurs se plaint d’un salaire qui n’offre pas le minimum de commodités. Un salaire dérisoire qui ne suit pas l’augmentation effrénée des prix des produits de large consommation.
La crise financière mondiale -qui ne sera pas sans effets sur l’Algérie- n’est pas pour arranger les choses même si les candidats à la présidentielle promettent tous une augmentation conséquente des salaires. Plus inquiétant, il n’y a pratiquement pas de dialogue entre les travailleurs et leurs tutelles respectives. Les décisions sont prises à un haut niveau et sont exécutées sans discussion, sans contestation. Les travailleurs s’y conforment tout bonnement. Ce qui envenime davantage les relations conflictuelles entre les deux parties. Car, contrairement à ce que l’on peut bien penser, le conformisme et la soumission à l’autorité crée plus de désordre que d’ordre dans la société. C’est un déni de liberté qui ne peut être accepté par l’homme ou la femme qui connaît ses droits et ses devoirs. Les représentants du gouvernement gagneraient à ouvrir des espaces de débat, sans protocole et sans restriction, pour faire face aux imprévus.  

K. M.

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