José Ignacio Salafranca :
Les observateurs européens ne sont «pas des espions»
Photo : Riad
Synthèse de Rabah Iguer
Le chef de la mission d’observation de l’Union européenne aux élections algériennes du 10 mai, José Ignacio Salafranca, a rejeté hier à Alger les accusations d’un média et d’un responsable politique islamiste, selon lesquelles les représentants de l’UE seraient «des espions». «Nous sommes présents dans le contexte d’une mission amicale à la demande des autorités algériennes. Nous ne sommes pas des espions», a-t-il dit, évoquant un «possible malentendu». Le quotidien arabophone Ennahar a affirmé, mercredi, que le renseignement algérien avait ouvert une enquête sur deux observateurs, «polonais et grec, pour espionnage». Un haut responsable du Mouvement pour la société et la paix (MSP, islamiste), Abderrahmane Saïdi, avait déclaré à l’AFP cette semaine que «deux observateurs européens, une hongroise et un grec, avaient dépassé le cadre de leur mission» dans trois wilayas du sud, Ouargla, Ghardaïa et Laghouat. «Ils posent des questions qui n’ont rien à voir avec les élections», a-t-il affirmé. «C’est une ingérence», a encore dit ce responsable du MSP, toujours membre du gouvernement mais qui a quitté l’Alliance présidentielle tripartite (avec le FLN et le RND). «Nous respectons le cadre de la législation», a déclaré M. Salafranca, tout en soulignant que l’UE n’était pas venue «délivrer un chèque en blanc». Indiquant que les choses se passaient bien pour sa mission, il a précisé avoir demandé mercredi matin au ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales Dahou Ould Kablia «le fichier électoral», que certains jugent ici avoir été «truqué». Le ministre a indiqué qu’il poserait la question et a fait part de «son impression positive» sur la réponse. La campagne électorale, qui a débuté le 15 avril, s’achève le 6 mai. Les observateurs de l’UE, qui atteindront le nombre de 150, seront présents dans les 48 départements de ce pays de près de 2,4 millions de m2, mais pas dans tous les bureaux de vote, a-t-il précisé. Les premiers envoyés de l’UE sont arrivés le 30 mars et certains resteront encore après les élections du 10 mai. C’est une mission de deux mois, a-t-il précisé, cela «représente un montant très élevé: 3,5 millions d’euros» pour l’UE. L’UE fera dans les 48 heures après le scrutin une «déclaration préliminaire» sur son déroulement mais devrait rendre «dans les trois mois un rapport complet et détaillé, comportant des recommandations pour les prochaines élections», qui sera rendu public, a précisé M. Salafranca.
Quelque 500 observateurs étrangers seront présents lors du scrutin : outre ceux de l’UE, l’Union africaine (UA) en enverra 200, l’ONU 10 et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) 20. Sont également prévus des observateurs d’ONG américaines Carter et NDA et de la Ligue arabe. Le président du bureau du secrétaire général de la Ligue arabe Wajih Hanafi, a annoncé hier à l’APS que les observateurs de la Ligue arabe, qui se déploieront à travers les 48 wilayas, arriveront dimanche prochain et seront au nombre de 132.
R. I.
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