3e CONFéRENCE NATIONALE DU RND SUR LA FEMME
Ahmed Ouyahia en moralisateur à Constantine
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
La ville de Constantine a abrité, hier, la 3e Conférence nationale du RND sur la condition féminine en Algérie et son rôle dans la société. L’évènement a mobilisé depuis plusieurs semaines les cadres du Rassemblement de la wilaya et a fébrilement débuté à partir de jeudi passé, avec l’arrivée du secrétaire général, matérialisée par de multiples séances de travail, contacts officieux avec des hommes d’affaires locaux et un périple à Khenchela.Ahmed Ouyahia a discouru 50 minutes, axant spécifiquement ses propos sur la place de la femme au sein de la société en remontant à Fatma N’Soumeur et en passant en revue aussi bien les autres martyres de la Révolution algérienne que les femmes en exercice, notamment à des postes qui mettent en exergue leur fonction de : ministre, ambassadrice, wali, investisseuse, journaliste. En somme un discours ordinaire, sans relief, mais qui avait l’avantage d’être des plus flatteurs auprès du millier de femmes présentes au palais de la culture Malek-Haddad venues de l’ensemble des 48 wilayas.En ânonnant la litanie de chiffres consistant à rappeler que la femme est présente à travers 20 000 militantes du RND, qu’elle constitue pour moitié la population algérienne mais également 50% des 10 millions d’étudiants, écoliers, lycéens et apprenants dans les centres de formation professionnelle, que le RND avait été le précurseur dans sa promotion dans les institutions exécutives, élues, les centres de décision, dans l’armée, la police, la magistrature. Ouyahia n’a pas omis de rappeler qu’elle en constituera la même importance le jour des élections comme pour indiquer qu’elle était la plus encline et la plus prompte à accomplir le devoir de vote, le chemin à suivre le 10 mai prochain.Rattrapé par son statut de Premier ministre, le SG du RND digressera en tombant à bras raccourcis sur tout ce qui peut faire partie de l’opposition et sur les hommes politiques qui jouent la carte du populisme dans les journaux, s’évertuant à dénoncer l’action du gouvernement en matière de gestion de l’économie nationale «superbement raccourcie (l’économie) aux seuls hydrocarbures et à l’embellie conjoncturelle qui en découle alors que les enjeux sont nettement plus stratégiques». L’invective semble directement destinée à l’ancien chef du gouvernement, en l’occurrence Benbitour. Dans la lancée, Ouyahia n’épargne pas non plus «cet ancien Premier ministre dont j’étais l’un des conseillers, d’ailleurs, et qui a récemment déclaré que l’arrêt du processus électoral en 1991 avait été une erreur. Pis encore, il appelle aujourd’hui les Algériens à boycotter les élections». Sid-Ahmed Ghozali se reconnaîtra donc facilement.
Ne parvenant visiblement toujours pas à sortir de son statut de Premier ministre, il évoquera le caractère exceptionnel de l’année 2011 en Algérie, plongeant dans la plus grande circonspection la salle, à laquelle il expliquera ensuite, que contrairement au reste des pays arabes happés par le printemps du même nom, l’Algérie a dérogé à la règle pour la simple raison qu’elle avait déjà vécu une expérience nettement plus difficile et qu’à la limite ses plaies n’en sont pas encore cicatrisées. Cela, en insistant sur le degré de maturité du peuple algérien qui a éludé les tentatives de détournement du mécontentement populaire arabe survenu dans le reste des autres pays et son exploitation à des fins de déstabilisation. «Au premier regard et rien qu’à la nature des tenues vestimentaires, il est facile de déduire la diversité de notre pays. Il est vrai que le souhait de chacun de nous aurait été qu’à la place du voile, que les femmes soient revêtues de m’laya (voile de l’est du pays), haïk et/ou en tenue dite européenne quoique le plus important n’est finalement pas là, mais dans les mentalités et heureusement la femme algérienne est en avance sur le sujet.» Le SG du RND fera, en bon harangueur de foules, le procès des hommes auxquels il reprochera l’exclusion systématique, dans le mode de pensée masculine, de ce qui constitue la moitié de la population, narrant parfois des anecdotes ou faisant un flash-back sur l’Histoire juste pour rappeler que cinquante ans après l’indépendance le constat sur la situation de la femme est affligeant «sur la question de la femme, l’Algérie était en 1967 nettement en avance, toutes proportions gardées, qu’en 2011. N’est-il pas paradoxal de n’avoir que 18 femmes parlementaires parmi une Assemblée qui en compte 389. Et sur cet aspect précis de la situation, nous nous enorgueillissons au RND d’être les précurseurs de l’intégration de la femme dans tous les rouages du parti et ce faisant dans les institutions où elle peut être présente. Nous nous faisons obligation d’un quota de 30% de femmes à tous les niveaux d’intervention».
A. L.
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