Rentrées sociale, scolaire et Ramadhan
Le nouveau gouvernement Ouyahia face à son premier grand défi
Photo : Sahel
Par Samir Azzoug
Ce soir, les yeux des Algériens vont scruter le ciel à l’affût du signe annonciateur de l’avènement du mois de ramadhan : le croissant lunaire synonyme du début du mois sacré. Comme établi depuis plus de 14 siècles, la nuit du 29e jour de chaabane (8e mois du calendrier de l’hégire) est appelée «la nuit du doute».
Cette année, le doute ne concerne pas seulement cet évènement. Caprice du calendrier, Ramadhan 2008 coïncide avec la rentrée sociale. Celle-ci s’annonçant particulièrement délicate pour le citoyen algérien pris entre les deux mâchoires d’un étau matérialisées par la garniture de la table du «f’tour» et les exigences de la rentrée scolaire et universitaire. La spécificité de cette période de l’année fait que tous les problèmes d’ordre social refont surface.
Chômage, précarité de l’emploi, pouvoir d’achat, système éducatif, régulation du marché… sont autant de maux qui interpellent les pouvoirs publics. Pour le gouvernement Ouyahia, fraîchement mis en place (fin juin 2008), c’est le premier grand défi à relever.
Lors de se dernière sortie médiatique, le ministre de la Solidarité, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ould Abbes, tente de rassurer l’opinion en déclarant que «l’Etat a mis tous les moyens pour une rentrée sociale sereine et performante». Une déclaration, certes, apaisante, mais il ne suffit pas de soutenir les prix des produits de large consommation, de distribuer le couffin de Ramadhan et des trousseaux scolaires pour garantir une rentrée sociale sereine.
Des dossiers de taille attendent d’être pris en charge. Le chômage dont le taux est estimé à 14% de la population (plus de 1,5 million de chômeurs) et la précarité de l’emploi touchent une grande partie de la population active. Une inflation atteignant une moyenne de 4,5% avec des répercussions désastreuses sur le pouvoir d’achat des petites bourses. Malgré les augmentations des salaires pour les travailleurs de la fonction publique, l’augmentation des prix des produits de large consommation a fini par désenchanter les bénéficiaires. Ce qui a été accordé par l’Etat est vite repris par le marché, réduisant considérablement le pouvoir d’achat des Algériens.
Ces dernières semaines, la loi du marché (liberté des prix et de la concurrence) a pleinement été assimilée par les commerçants. L’événement créant le marché et la loi de l’offre et de la demande font que les prix s’envolent. Les fruits et légumes en tête. Des mesures pour mettre une barrière à l’anarchie régnante ont été adoptées, à l’image de l’instauration du système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpac) initié par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, le stockage de 150 000 t de pomme de terre, l’importation de la viande… Il reste qu’en dehors de quelques produits les autres tels que la tomate, le navet ou la salade ont connu des majoration de prix importante. Devant l’inefficacité du contrôle des commerçants, dû essentiellement au manque d’agents (notons qu’à Alger il y a pratiquement un agent pour 1 000 commerçants), et à défaut d’un système de régulation perspicace et qui n’intervient pas occasionnellement mais dans la continuité, il est très difficile d’arriver à stabiliser les prix.
La rentrée scolaire et universitaire constitue un autre facteur déterminant dans la réussite de la rentrée sociale. Après la suspension de la grève de la faim engagée par des enseignants vacataires, le gouvernement aura à satisfaire aux exigences matérielles et pédagogiques de près de 8 millions d’élèves, tous paliers confondus. Ce sera le cycle moyen qui posera le plus de problèmes avec, conséquence de la réforme du système éducatif, 3,3 millions d’élèves pour 4 500 établissements. L’université, de son côté, devra faire face à l’arrivée massive des nouveaux bacheliers (340 000). Même si la date du début des cours est fixée au 4 octobre prochain (après le mois de Ramadhan), il demeure que la prise en charge de près d’un million d’étudiants dont la moitié doit être hébergée dans les cités universitaires n’est pas une tâche des plus aisées. Devant tous ces dossiers
épineux, sans oublier celui de la sécurité, le gouvernement Ouyahia a fort à faire. Aujourd’hui se tient un Conseil des ministres qui dévoilera peut-être quelques dispositions prises pour la rentrée sociale. Alors, allons nous voir la lune aujourd’hui ?
S. A.
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- Benchikha optimiste




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