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Le chef de l’Etat appelle les jeunes à se départir de la culture de l’émeute et de la violence

Par Faouzia Ababsa

Dans le discours qu’il a prononcé hier au ministère de la Défense à l’occasion du 46e anniversaire du recouvrement de l’indépendance et la promotion de colonels au grade de généraux, une bonne partie a été réservée à la jeunesse. Une jeunesse qu’il appellera à adhérer avec détermination et volonté «au processus du développement national». Tout en se disant conscient et compréhensif des ambitions des jeunes et de leurs plaintes et contestations, il n’en demeure pas moins que le président de la République comprend moins l’expression de ces aspirations par les émeutes et la violence en recourant à la destruction des biens publics, édifiés à coups de milliards. La culture de l’émeute a en effet pris des proportions alarmantes, en ce sens que des jeunes n’hésitent plus à envahir la rue, à dresser des pneus enflammés pour protester contre les décisions des autorités locales (wilaya ou APC) calfeutrées dans leurs bureaux et refusant toute communication avec la population de manière générale et les jeunes de manière particulière. Certes, comme l’a souligné l’ancien recteur de l’université d’Alger dans une contribution écrite, l’émeute, en ce quelle est la forme la plus violence, «représente, en premier lieu, l’expression la moins socialisée de groupes sociaux soumis à une détresse existentielle vécue dans le sentiment de la continuité et de la fatalité. Elle s’exprime en second lieu lorsque tous les canaux conventionnels de manifestation du ressentiment collectif à l’égard des gouvernants sont en panne […]». Et c’est cette fatalité que le chef de l’Etat voudrait que les jeunes abandonnent. Parce que, de toutes les manières, ce n’est pas en détruisant un bien collectif, en usant de violence et en brûlant les voitures des citoyens que les revendications seront satisfaites. Abdelaziz Bouteflika a été très clair en avertissant que, dorénavant, «l’appareil de l’Etat sera intransigeant envers une quelconque partie qui tenterait de provoquer des émeutes, l’anarchie ou la destruction de biens publics et la propriété des citoyens. Et ce, quelles qu’en soient les raisons, sous quelque couverture que ce soit […]». En parallèle, le chef de l’Etat a appelé ou plutôt exigé de l’administration (centrale ou locale) qu’«elle ouvre grandes les portes du dialogue, qu’elle dresse les passerelles de la confiance réciproque, qu’elle se rapproche des citoyens pour écouter leurs doléances et qu’elle œuvre à trouver des solutions idoines dans la mesure du possible.» C’est justement cette administration et sa mentalité bureaucratique, sa composante rentière qui sont à l’origine des événements qui secouent régulièrement les villes et les bourgades. Aussi, il serait judicieux que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités en introduisant la culture de la sanction positive et de la sanction négative. Ils ne devraient pas hésiter à remercier et à congédier ceux qui ont échoué dans leur mission, qui se rendent coupables de corruption ou encore de négligence, qui mènent inéluctablement vers la réaction violente de la population. C’est à ce prix aussi que cette dernière pourra faire montre de patience, mais surtout de civisme. En lançant ces appels, dont le plus important à l’adresse des jeunes, le président de la République veut signifier que rien n’est encore gagné et que la bataille pour le développement du pays, qui a vécu plus de 15 ans de violence, de chaos économique, est difficile tant les résistance et la rente ont la peau dure. 

F. A.

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