Invitant les entreprises françaises à s’adapter aux nouvelles lois sur l’investissement
L’ambassadeur de France en Algérie : «Les propos de l’officier sur l’affaire Tibhirine n’engagent que lui»
Synthèse de Samira Imadalou
Dans un entretien accordé à notre confrère le Quotidien d’Oran publié hier, l’ambassadeur de France en Algérie, M. Xavier Driencourt, est revenu sur plusieurs questions d’actualité. Il a expliqué la vision française sur des dossiers chauds, tels que l’Affaire des moines de Tibhirine, la problématique récurrente des visas, la coopération économique entre les deux parties notamment après les dernières mesures adoptées par le gouvernement. A ce sujet, le représentant diplomatique de la France en Algérie a été très clair. Contrairement à la Commission européenne, qui a carrément demandé la suspension de l’application de la nouvelle réglementation, l’ambassadeur de France en Algérie a reconnu que «c’est le droit le plus strict du gouvernement algérien de légiférer sur cette question et personne ne peut le contester. C’est à nous de nous adapter». Et d’ajouter : «C’est à nous, services de l’ambassade, d’expliquer à ces entreprises les conditions d’investissement en Algérie, la géographie sécuritaire ou le cadre juridique, la réalité des nouvelles circulaires du Premier ministre Ouyahia, car il ne faut pas noircir complètement le tableau.» En d’autres termes, pour la France, il n’y a pas lieu de s’affoler après les modifications apportées au mode opératoire sur le plan économique. Le temps, selon M. Xavier Driencourt, doit être accordé à l’analyse de la situation pour bien se lancer dans l’investissement en Algérie. Un investissement dont l’avenir s’annonce prometteur puisque certains projets sont déjà sur la table des négociations entre les deux parties.
L’interviewé du Quotidien d’Oran, sans citer de nom, a parlé de deux grands groupes industriels dont l’un à actionnaires européens qui ont l’intention de s’implanter en Algérie. Ces deux firmes ont conclu, selon l’ambassadeur français, qu’il ne suffit pas d’exporter leurs produits vers l’Algérie mais «qu’il y a nécessité d’être là, en Algérie, de produire en Algérie». «Aujourd’hui, en 2009, on ne peut plus se contenter de faire uniquement de l’exportation sans opter pour l’investissement, le partenariat et le transfert de technologies… mais d’aller soutenir les exportations françaises en dehors de la France, en s’implantant
industriellement et durablement dans le pays importateur», a-t-il ajouté, rappelant dans ce sillage l’importance de la coopération économique entre les deux
pays. Une coopération qui s’est traduite par l’augmentation du volume des investissements français en Algérie de 50% en 2008. «Nous sommes passés de 300 millions de dollars à 343 millions de dollars hors hydrocarbures, et ce sont des chiffres de la Banque d’Algérie», a précisé M. Driencourt. La France est d’ailleurs le 2ème investisseur en Algérie après les Etats-Unis. Sur un autre volet, plus précisément à propos de l’affaire Tibhirine, la réponse a également été claire : «Les propos tenus devant un juge [et dont la publication constitue une violation du secret de l’instruction] par un officier à la retraite, dont les fonctions à l’époque des faits ne l’amenaient d’ailleurs pas à traiter directement de cette affaire, n’engagent que lui. La position du gouvernement français n’est pas celle de cet officier retraité. Le président Sarkozy l’a redit à l’occasion du sommet du G8, il s’en tient au communiqué du GIA.»
S. I.
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