Fête de l’indépendance et de la jeunesse aux couleurs africaines
Jetez la fête dans la rue, les jeunes s’en chargeront
Par Sihem Ammour
à la veille de la célébration du 5 juillet 2009, fête de l’indépendance et de la jeunesse, l’esprit de joie et de liesse a déferlé dans les rues d’Alger, avec la parade de l’ouverture populaire de la deuxième édition du Festival panafricain d’Alger (Panaf 2009) où les couleurs de l’emblème national flottaient au vent au coté de l’arc-en-ciel des drapeaux africains. Quarante ans après que Meriem Makeba eut chanté avec conviction «Ana houra fi el Djazaïr», les jeunes Algériens ont redécouvert ce refrain lors du jingle diffusé en boucle sur les médias nationaux. Cette nouvelle génération, abreuvée de pub, se met alors à
fredonner presque inconsciemment ces mots porteurs de l’espoir de tout un peuple, mais aussi de tout un continent : «Je suis libre en Algérie.» Quarante-sept ans après l’indépendance, nos jeunes sont-ils conscients de tous les sacrifices, du tribut du sang et de larmes pour pouvoir juste prononcer ces mots ? Au-delà des souffrances de la vie quotidienne, des problèmes du chômage, de logement, de la corruption, des passe-droit et du phénomène des harraga, la fibre patriotique des jeunes Algériens est toujours prête à vibrer aux moindres élans fédérateurs. Ceci à l’instar du succès de l’équipe nationale de football où, spontanément, les jeunes ont pris possession de la rue, l’emblème national à la main, en scandant «One, two, three, viva l’Algérie». Ainsi, il aurait suffi que la joie emplisse les cœurs de ces milliers de jeunes pour que le vert, blanc, rouge envahisse les rues.C’est dans cet esprit que le 5 juillet 2009 revêt un caractère particulier, car la fête de la jeunesse algérienne prend une dimension continentale. Dans le cadre du Panaf, il est prévu des centaines de spectacles sur les places publiques des différentes wilayas. A travers ces célébrations extramuros, loin des carcans officiels, il est probable que les jeunes adhèrent à la fête dans un esprit de fiertés nationale. Tel un exutoire, les rythmes de la musique continentale, permettrait l’occasion de se réapproprié les symboles nationaux et d’exprimer sa fierté d’être algérien. Le souffle de la reconquête de ses repères identitaires, sans tabous et sans complexes est l’occasion pour les jeunes algériens de redécouvrir la richesse plurielle de la culture de leurs pays. Mais aussi, découvrir tout le potentiel créatif de la nouvelle génération qui a participé à la concrétisation de la manifestation. Des jeunes, qui ont prouvé qu’il suffisait qu’on leur fasse confiance pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Il est, sans nul doute, que sous les feux d’artifices, qui ont brillé, hier soir à minuit, au rythme de l’hymne national, lors du gala non stop de l’esplanade de
Ryadh El Feth, à montrer, encore une fois, que les jeunes Algériens adhèrent aux couleurs de la symbolique du 5 Juillet pour peu qu’on leur fasse confiance.
S. A.
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