L’emblème national porté haut par les jeunes
Une flamme patriotique à pérenniser sans condition
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Aujourd’hui sera un second baromètre pour l’emblème national. Celui-ci, en berne, voire en grande tristesse durant la décennie noire après la résurrection souveraine du 5 juillet 1962, a été porté haut la tête à la faveur de deux rencontres de football. La ville s’étant transformée en étendard géant aux couleurs nationales. Et c’est toujours cette masse juvénile, pourtant «en désespoir», qui affiche son attachement pour le pays. En un clic, l’Algérie a fait sortir toutes ses étoffes colorées pour manifester son nationalisme.
Aujourd’hui, on fêtera l’indépendance ! Une date qui en dit long sur les péripéties ayant précédé la proclamation du recouvrement de la souveraineté du peuple. Le pays était couvert en vert, blanc et rouge durant cette journée du 5 juillet 1962. Trois couleurs du drapeau qui symboliseraient en parallèle de son interprétation «originale» un autre triptyque «fierté, bravoure et âme» pour l’amour de cette patrie meurtrie par l’envahisseur durant 132 ans. Sidi Fredj se souviendra encore de l’invasion de 1830. La fête de l’indépendance coïncide également avec la fiesta de la jeunesse. Cette dernière, qui a tant souffert de marginalisation, de hogra et d’injustice, bat de l’aile si bien qu’elle sacrifie par moments l’emblème à la faveur d’une embarcation légère… Quelle honte !! Pour quitter le pays en quête d’un eldorado. Combien de jeunes vont continuer de faire le bonheur des fonds marins ? Faudra-t–il encore tempérer sur leur nombre en tenant compte des éventuelles victoires de l’équipe nationale de football. Le drapeau national serait–il encore sacrifié en croisière incertaine ? Autant de paramètres intrinsèques que seul un éveil, autre que sportif, serait en mesure de coordonner tout en laissant les couleurs nationales brandies loin des calculs instantanés. Ceux du rafistolage pour l’amour de la patrie. Il est vrai que, par le passé, l’équipe du FLN foulait les terrains majestueusement sur un concept de décolonisation. Une stratégie qui n’est pas propre à la problématique actuelle. Loin s’en faut. Inutile de rattacher à la même cause
l’engouement des milliers de personnes sorties au terme des victoires aux dépens des Egyptiens et des Zambiens. Il est vrai que les villes algériennes n’ont pas été gâtées par tant de patriotisme depuis quelque temps. Le foot aura unifié les citoyens «momentanément». C’est un bon départ dès lors que le drapeau flotte et continue d’émettre ses couleurs jusqu’à maintenant après avoir été en berne durant longtemps si l’on associe la tragédie nationale de la décennie noire. Une résurrection du 5 juillet prend en effet naissance à Constantine. «Il suffit d’une légère étincelle prometteuse pour que le peuple se mette au diapason, affichant son intérêt pour le pays. Combien d’années n’avons-nous pas assisté à une telle démonstration en vert, blanc et rouge ?», adit un
sexagénaire. En parallèle, quelques jeunes, pourtant «corrodés» par le chômage tout en n’écartent toujours pas l’éventualité de braver la mer… lancent : «Quand il s’agit des couleurs nationales, point de débat ! On n’a pas assisté à la fête de l’indépendance mais d’après ce que l’on dit ces sorties footballistiques possèdent quelque chose de commun avec la réjouissance de 1962. Il faut surtout comprendre les jeunes et savoir comment les retenir pour qu’ils ne s’aventurent pas outre-mer.» L’équipe nationale aura permis, et c’est un grand pas, à faire réveiller la flamme patriotique. Il revient maintenant aux hauts responsables de garantir sa pérennité. Un défi qui requiert une lucidité, une stratégie et notamment l’exclusion du favoritisme. Une fois ces conditions réunies, on ne verra plus à l’horizon les petites barques de harraga secourues par les gardes-côtes. C’est l’autre défi à relever en simultané avec les futures victoires des Verts pour que la signification de notre emblème national soit absorbée par les valeurs identitaires innées et sans conjoncture. Pour ce faire, il importe en grande partie de faire préalablement confiance au drapeau algérien. De fait, fort «ressourcé», il saura se maintenir et franchir tous les écueils… pour éviter d’être en berne. Ce qui n’est vraiment pas incrusté dans son concept.
N. H.
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