Par Rachida Merkouche
Les mouvements de protestation se suivent et se ressemblent par les mêmes revendications brandies à la face des pouvoirs publics qui, eux, se voilent la face. Des protestations qui font tache d’huile avec, pratiquement chaque jour, des corporations et des syndicats qui montent au créneau pour réclamer les mêmes «droits» que ceux obtenus par d’autres corporations, voire par des travailleurs du même corps de métier. Les travailleurs sociaux ont rejoint le mouvement et ont même décidé de durcir leur position en observant un débrayage de 4 jours à compter d’aujourd’hui. Les personnels des centres d’hébergement de personnes âgées et d’handicapés, des directions de l’action sociale et d’autres activités de solidarité seront en grève en raison de non satisfaction de leurs revendications. La relative aisance des tutelles -après quelques tergiversations- à répondre positivement aux exigences des protestataires ouvrait à chaque fois la porte à d’autres secteurs, à d’autres corps, qui à leur tour n’hésitaient pas à geler leurs activités jusqu’à obtenir satisfaction. Comme l’appétit vient en mangeant, nombreux sont les secteurs qui ne s’arrêtent pas en si bon chemin et qui élargissent leurs doléances à d’autres aspects auxquels ils n’auraient jamais pensé en d’autres temps. «Nous voulons tout et maintenant», cela pourrait être la devise des personnels de ces secteurs, dont ceux de la médecine et de l’enseignement, qui, à chaque fois, reprennent leur travail, le temps d’organiser un autre gel de leurs activités. Le front social est fébrile depuis quelques années, les débrayages ne surprennent plus. Sauf qu’à l’heure actuelle, les pouvoirs publics ne sont plus enclins à céder sur un terrain qu’ils avaient pourtant défriché. Les largesses qui ont suivi les émeutes de janvier 2011 ont laissé place à un entêtement auquel les protestataires répondent par un durcissement de leur mouvement. Au détriment de tiers qui sont pris en otage dans cette situation. Les malades, les élèves, les administrés, et maintenant les personnes en détresse (les personnes âgées, les handicapés, les nécessiteux…). Les citoyens en général. En lâchant du lest par rapport à certaines corporations, les pouvoirs publics ont créé des disparités. Celles-ci sont forcément ressenties par des travailleurs qui estiment ouvrir droit aux mêmes avantages qu’ils considèrent comme devant appartenir à leur poste. Les pouvoirs publics ne l’entendent plus de cette oreille, opposant un niet provocateur. Le pot de terre contre le pot de fer ? Ou alors un dialogue de sourds qui perdurerait et qui défavoriserait le citoyen ?
R. M.