Horaires de prières (Jeudi 18 Mars 2010)
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Pharmacies de garde
Emeute F3
Par Amirouche Yazid
Le rythme des émeutes va visiblement plus vite que l’attribution des logements. Il ne se passe plus un jour sans que la presse nationale revienne sur des cas de colère populaire à cause d’un problème de logement qui empoisonne la vie de milliers de familles. Les opérations de relogement décidées récemment par le gouvernement au profit de certaines cités et localités sont souvent accompagnées d’affrontements fratricides entre demandeurs et forces de l’ordre. Ce décor, qui a fini par devenir quasi quotidien, révèle incontestablement une gestion défaillante d’un dossier classé parmi les priorités programmatiques des pouvoirs publics. Il est loisible de constater que la contestation des habitants de Diar Echams ou d’El Bouni (Annaba) n’a pas laissé indifférents les services concernés. Cette soudaine disponibilité à écouter le malaise citoyen traduit implicitement un aveu de faillite. Un aveu de faillite qui cache très mal les détournements et l’insouciance des dirigeants à mettre fin au calvaire des demandeurs de toit même quand les solutions existent. On a, en effet, de la difficulté à expliquer comment les autorités arrivent à reloger plus de 200 familles qui n’ont été inscrites dans aucun programme.
Au-delà de la satisfaction que cette livraison procure légitimement aux familles bénéficiaires, la destination de ces appartements impose cependant plus d’une interrogation. Par quel miracle une circonscription de la capitale -où la demande est de plus en plus forte- dispose-t-elle d’un site composé de centaines de logements achevés qui n’ont pas été attribués avant des émeutes ? Comment des souscripteurs dont les noms figurent parmi les bénéficiaires d’un programme de 2001 se sont vus obligés de tenir, un beau matin de mars 2010, un sit-in devant le ministère de l’Habitat pour réclamer des clés ?
Il y a visiblement un rapport de causalité entre les deux cas : les souscripteurs dans un programme vieux de neuf ans ont du mal à accepter -le sentiment est très compréhensible- le fait que leurs dossiers traînent aussi longtemps alors que «d’autres» ont eu une réponse favorable suite à une émeute musclée avec des agents de l’ordre public. Une telle manière de gérer semble vouloir proposer l’émeute à tous les postulants à un logement. Incapables de mener une simple opération de relogement selon les procédés d’usage, notre administration fait la promotion du désordre. Difficile de faire pire en matière de gouvernance de la part de dirigeants en poste depuis plus d’une décennie. C’est-à-dire le temps suffisant pour trouver des solutions pérennes à toutes les questions qui se posent dans la Cité.
Le résultat ne peut pas être plus lamentable quand la gestion des affaires est confiée à des vigies aveugles…
A. Y.





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