L’industriel et le football
Par Amirouche Yazid
Une nouvelle tradition est en train de s’installer dans le paysage sportif national. Il s’agit de l’arrivée de chefs de groupes industriels à la tête des clubs de football. Une année après l’intronisation du patron de Hyundai aux commandes du RC Kouba, qui jouait pourtant en division deux, c’est au tour du groupe ETRHB, spécialisé dans les travaux publics, de frapper à la porte de la JS Kabylie. A cause de résultats négatifs de l’équipe en début de saison et d’une affaire d’«usurpation d’identité» à l’heure du décompte final, l’expérience du premier a failli s’arrêter court. L’arrivée du second peine à se concrétiser. Elle fait face visiblement à un noyau d’hésitation qui fait que le club n’est préparé ni à amorcer une alternance à son sommet ni à épouser un autre mode de gestion. Rien n’interdit pourtant de voir sous de bons auspices le devenir d’un club pour lequel s’est investie une entreprise privée. Des chefs de groupes industriels dans le monde du sport, cela va protéger sans l’ombre d’un doute les clubs des crises financières auxquelles ils sont confrontés de manière cyclique.
Un club parrainé par un industriel est théoriquement à l’abri des incertitudes financières, particulièrement dans l’environnement algérien qui évolue loin de toute règle de marché. L’apport des industriels ne sera que positif. Il contribuera à première vue à stabiliser les associations qui pourront dès lors élaborer des plans de travail à long terme. Ce qui se répercutera inévitablement sur l’amélioration des conditions de déroulement de la compétition et de l’élévation du niveau technique. L’expérience enseigne que les clubs qui sont à l’aise financièrement réalisent souvent leurs objectifs. Mais l’apport des industriels au sport le plus populaire doit être accompagné par une réglementation qui définit clairement le champ de manœuvres de ces puissances.
Il est clair que les entreprises associées aux clubs vont gagner dans la mesure où le sport est un accélérateur de business. «Avoir le nom de son entreprise sur un maillot de football offre une notoriété considérable», disait Olivier Sadran, chef d’entreprise et président du Toulouse football club. Rien d’irrégulier si ces entreprises fructifient leur capital et leur puissance via le football. Car, au final, ce sont les populations qui profiteront de l’essor de ces entreprises à travers la création des postes d’emploi qui aura pour effet la stabilisation de la société. Il y a donc priorité à protéger la société des éventuels appétits que peuvent exprimer les forces de l’argent qui investissent dans le football. Et pour mieux organiser cet alliage, la loi s’impose comme le moyen le plus efficace. Un cahier des charges devrait réguler cette intrusion afin que ces industriels ne se transforment pas en groupes d’influence pour servir les intérêts occultes.
A. Y.
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