Saignée
Par Faouzia Ababsa
40 000 chercheurs ont quitté le pays depuis une décennie. Il est clair que ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’une personne choisit de s’expatrier. Elle le fait souvent par dépit, en raison du mal-vivre. Et pour cause ! Le chercheur dans notre pays n’a aucune considération. On a souvent vu des chercheurs installés derrière les bureaux des administrations, se roulant les pouces et faisant perdre au pays ses compétences et son savoir. Il faut dire que, sous d’autres cieux, ils sont accueillis à bras ouverts. On leur fait la chasse. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit que l’Elysée prône l’immigration choisie et sélective, voulant puiser dans des compétences hautement plus bénéfiques. Le choix de s’expatrier pour pouvoir s’exprimer en faisant des travaux de recherches répond aussi au besoin pour les concernés de s’épanouir, de «s’éclater» dans leur domaine et savourer leurs résultats avec cette satisfaction professionnelles que rien ne saurait remplacer. En 1998, une loi d’orientation sur la recherche a été promulguée. Mais elle n’a pas eu les effets escomptés en ce sens que ce domaine est demeuré le parent pauvre de l’enseignement supérieur, en l’absence d’une réelle volonté politique de réformer le secteur. En donnant la possibilité aux cerveaux algériens d’évoluer et en leur fournissant les conditions idoines pour accomplir leur mission.
A charge pour eux de relever le défi du développement.
S’ils choisissent de traverser la Méditerranée, c’est que, sous d’autres cieux, les conditions requises sont présentées sur un plateau d’argent. Qu’il s’agisse de la rémunération, de l’hébergement ou encore d’autres avantages liés à la profession. Ou bien même de l’environnement social, culturel, politique et économique. L’hémorragie ne s’est pas arrêtée. Loin s’en faut. Ni celle des compétences et des cerveaux ni celle de l’argent. Le pays a encore perdu 300 universitaires l’an dernier, qui ont choisi des cieux plus cléments. L’Algérie a perdu plusieurs dizaines de milliards de dollars dans l’enseignement supérieur et la formation des cadres et cerveaux. Des dizaines de milliards qu’elle n’a pas le soin de rentabiliser en préparant les conditions pour que ces compétences puissent mettre leur savoir et leurs connaissances à la disposition de leur pays. Ce n’est pas, il faut le souligner, en sortant plus d’argent, en construisant plus d’infrastructures que la saignée s’arrêtera. Il s’agit en fait d’un problème d’intégration dans la société algérienne.
C’est malheureux de le relever, mais c’est la triste réalité. Ceux qui fuient le pays en choisissant y compris le chemin de la mort ont le mal de vivre.
F. A.
Dans la meme rubrique
Rechercher
- Renault : délocalisation décidée en interne, rejetée à l’extérieur
- Algérie / Maroc : Prochain échange de visites des ministres de la Communication de l’Algérie et du Maroc selon Medelci.
- L’Algérie est favorable à une démarche graduelle et pragmatique
- Algérie / UE : Vers un compromis acceptable entre Alger et Bruxelles dans le démantèlement tarifaire
- Le FFS n’a pas encore tranché
- Un Observatoire contre les violences faites aux femmes
- Football / Ligue 1 : Sueurs froides à Tlemcen
- Basketball / Tournoi de Salé : le GSP éliminé en demi-finale
- Algérie / Maroc : Prochain échange de visites des ministres de la Communication de l’Algérie et du Maroc selon Medelci.
- Samedi 18 février 2012
Archives
| Sa | Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve |
| 1 | 2 | 3 | ||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 |
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 |
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||





