Résultats disparates
Par Samira Imadalou
C’est devenu une coutume. Depuis quelques années, la wilaya de Djelfa enchaîne les résultats négatifs aux examens de fin d’année. Cette fois-ci encore, elle n’a pas failli à la tradition de l’échec scolaire. Après être classée dernière au BEM et à l’examen de sixième, cette wilaya steppique occupe la dernière place quant au taux de réussite au bac. Ainsi, contrairement à Tizi Ouzou qui vient en pole position pour la troisième année consécutive avec un pourcentage de 79,41%, Djelfa a bouclé la chaîne avec 39,09% de réussite. Apparemment, la réforme n’a réussi que dans certaines wilayas puisque le ministère de l’Education nationale a expliqué le taux exceptionnel de 61,32% de réussite par la réforme, laquelle semble avoir été centralisée pour ne toucher que quelques régions et en écarter d’autres. Sinon, pourquoi cette succession d’échecs à tous les paliers dans une région où le taux d’analphabétisation est parmi le plus élevé à l’échelle nationale ?
Quelle que soit l’explication à donner à cette redondance de résultats médiocres, la situation est inquiétante et suscite moult interrogations quant à la gestion du secteur dans cette wilaya qui a pourtant reçu plusieurs fois la visite de commissions du ministère de l’Education pour enquêter sur les raisons de cette «chute» spectaculaire. Une baisse qui a, malheureusement, également touché certaines filières. Ce sont cette année les candidats des filières littéraires qui ont raflé la mise, mais avec un faible niveau en langues étrangères. Qu’en est-il des filières techniques et scientifiques ? Là aussi, c’est le chaos et la dégringolade. Et dire que les besoins de l’Algérie en ingénieurs, techniciens de haut niveau, mathématiciens, physiciens, chimistes et autres spécialistes sont énormes, surtout que l’université algérienne a connu, ces dernières années, une fuite des cerveaux qui se fait sérieusement sentir.
Dire que la réforme dans l’éducation commence à porter ses fruits serait une chimère. Parler du bouleversement de l’école algérienne relève également de l’exagération, connaissant le niveau des bacheliers, dont 60% sans mention.
Certes, il y a eu augmentation du nombre des mentions (excellent, bien, très bien et assez bien) pour cette édition par rapport aux précédentes, mais, cela reste insuffisant pour un pays qui veut se lancer dans l’économie fondée sur le savoir, une économie dont l’éducation et les nouvelles technologies constituent le socle. D’où la nécessité d’élever davantage le niveau du secteur pour le porter au rang international et éviter les disparités à tous les échelons.
S. I.
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